Leçon 351 - Ajouter la recherche du Soi à la pratique du samyama de base
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De: Yogani
Date: 10 août 2009

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Dans la leçon précédente, nous avons étudié une série de techniques applicables à la recherche du Soi (jnana yoga). Nous avons défini cinq catégories de jnana yoga: spontané, lâcher-prise, affirmation, négation et transcendant.

Chacun de nous a son propre chemin pour aborder la recherche du Soi. L'approche que nous choisissons peut mélanger et assembler des éléments d'une seule ou de toutes ces catégories. Si nous cultivons le silence intérieur dans la méditation profonde, nous serons attirés tôt ou tard par la recherche du Soi, et plutôt tôt que tard. Nous qualifions cette recherche de "relationnelle", car les questionnements que nous laissons aller dans la tranquillité vont faire bouger cette tranquillité et apporter une réalisation véritable du Soi. Avant cela, nos enquêtes seront dans le mental et auront peu d'effets sur notre progrès spirituel. En fait, une recherche du Soi "non-relationnelle" (dans le mental et non dans la tranquillité) peut créer dans le mental et les émotions des obstacles à notre progrès (voir la leçon 325).

Il en va de même du samyama. C'est pourquoi nous avons dit qu'il fallait un minimum de silence intérieur pour la pratique du samyama. Ce n'est pas aussi essentiel que dans la recherche du Soi, parce que le samyama fait partie de nos pratiques assises deux fois par jour et que nous pouvons donc nous permettre un peu d'inefficacité dans une pratique structurée tout en prenant peu à peu l'habitude de lâcher nos sutras dans la tranquillité. Cette habitude commencera à produire des effets positifs dans la vie quotidienne, à mesure que le silence intérieur stable et ses mouvements naturels augmentent graduellement dans notre vie.

D'un autre côté, nous pouvons avoir envie de pratiquer la recherche du Soi en dehors de nos pratiques assises, durant notre activité normale. Si le silence intérieur et notre capacité à laisser aller des intentions dans la tranquillité sont limités, cette recherche peut altérer notre qualité de vie, au point de nier notre vie avant même l'émergence de la réalisation du Soi. Il vaut mieux trouver un moyen de cultiver la recherche du Soi comme un résultat naturel des pratiques assises, afin de minimiser les risques d'un passage en force avec le mental et les difficultés qui en résultent dans la vie quotidienne.

Dans des leçons précédentes, nous avons déjà abordé sous bien des angles la façon dont l'habitude du samyama s'étend naturellement de nos pratiques assises structurées à l'ensemble de notre activité quotidienne, avec de nombreux bénéfices pratiques, notamment en animant de façon naturelle notre recherche du Soi quelle que soit la forme qui nous attire. Mais, jusqu'à présent, nous n'avons pas introduit les outils pour incorporer la recherche du Soi dans nos pratiques assises structurées d'une manière qui puisse faire progresser notre capacité à enquêter sur la réalisation du Soi dans la vie courante, efficacement et naturellement.

C'est ce que nous allons aborder dans cette leçon en rajoutant un sutra pour la recherche du Soi à notre pratique de base. Pour une présentation des bases du samyama, reportez-vous à la leçon 150.

Le nouveau sutra est:

"Pensée-Je - Qui suis-je?"

L'ensemble complet de sutras dans notre pratique de base sera donc le suivant:

  • Amour
  • Radiation
  • Unité
  • Santé
  • Force
  • Abondance
  • Sagesse
  • Sensualité intérieure
  • Akasha - légèreté de l'air
  • Pensée-Je - Qui suis-je?

Pour ceux qui choisissent d'ajouter ce dernier sutra, les instructions de la leçon 150 restent les mêmes. Nous ajoutons simplement un nouveau sutra, étendant la liste de 9 à 10. De plus, pour ceux qui prennent cette voie, il est recommandé d'adopter ce nouveau sutra pour les répétitions additionnelles en fin de pratique. Si nous faisons deux répétitions de chaque sutra en observant à chaque fois 15 secondes pour le laisser partir dans la tranquillité, ce qui représente environ 5 minutes pour l'ensemble, nous avons l'option, à la fin de la liste, de répéter le sutra de la recherche du Soi pendant encore 5 minutes. Si nous ne lançons chaque sutra qu'une seule fois, nous pouvons répéter le sutra de la recherche du Soi environ 2 minutes en fin de séance. Si nous répétons chaque sutra 4 fois, nous pourrons aller jusqu'à 10 minutes de répétition du sutra de la recherche du Soi. De cette façon.

Il est préférable de développer une solide habitude du samyama de base en ne changeant pas trop souvent. L'habitude d'être attentif combinée avec le raffinement du fonctionnement neurobiologique s'approfondira peu à peu avec le temps et la cohérence de notre routine de pratiques quotidiennes. Les résultats se stabiliseront dans nos activités quotidiennes et c'est bien ce que nous souhaitons.

Parlant de résultats, que pouvons-nous voir apparaître dans notre vie en ajoutant le sutra de la recherche du Soi? Pour cela, observons le sutra lui-même.

Le sutra est en deux parties. La première est "pensée-Je". C'est ce "Je" qui nous est si familier dans la vie de tous les jours: Je pense ceci, Je ressens cela, Je fais ceci, etc. C'est le "Je" que nous répétons inlassablement, pour nous et pour les autres, depuis le moment du réveil jusqu'au moment où nous endormons le soir. Nous pouvons même être dans cette pensée-Je dans nos rêves, pendant que nous dormons. Il semble impossible de s'en débarrasser si ce n'est dans le sommeil profond sans rêves. Nous utilisons la phrase "pensée-Je" à la place de "Je" tout seul pour bien faire ressortir que ce "Je" est une pensée et non le sujet ou le véritable observateur de tout ce que nous faisons. Pourtant, c'est le dénominateur commun de tout ce que nous pensons, sentons et faisons. Une petite enquête nous le révèle clairement. Qui est ce qui pense, ressent et agit en cet instant? C'est Je. C'est la pensée-Je. On en revient toujours là. C'est de cela que nous partons dans le sutra. En trouvant la source de la pensée-Je, nous trouvons la source de tout.

La seconde partie du sutra: "Qui suis-je?", demande peu d'explications, sauf à dire que nous n'avons pas à trouver une réponse à cette question dans notre mental. Le questionnement fait partie du sutra. Nous prenons une sensation ténue de "pensée-Je-Qui suis-je?"... et c'est parti dans la tranquillité pour 15 secondes, et nous répètons.

Avec ce sutra, nous prenons la pensée-Je et nous enquêtons sur sa source dans la tranquillité. Nous commençons à pénétrer ce "Je" qui est derrière tout ce que nous pensons, ressentons et faisons tout au long de la journée, dissolvant ainsi l'illusion de notre faux sens du soi. Dans une pratique structurée du samyama, ce processus se poursuit indépendamment de ce nous pouvons penser ou ressentir, comme c'est le cas avec chaque sutra. Nous privilégions la procédure sur toutes les expériences qui pourraient survenir. Pendant la pratique, nous n'analysons pas, ni les sutras, ni rien de ce qui pourrait résulter de leur utilisation. Plus tard, après notre pratique, nous pourrons analyser tant que nous voudrons. En fait, quelques semaines ou mois après l'ajout de ce sutra, nous pourrions constater que nos tentatives de recherche du Soi dans la vie quotidienne gagnent en qualité et en profondeur. La réponse à notre enquête vient peu à peu dans notre vie.

Quelle est la réponse? Est-ce une idée? Une déclaration ou une affirmation? Un "Ah!" dans l'esprit? Pas vraiment. C'est l'état de notre Soi qui émerge dans nos activités de tous les jours. La réponse n'est pas du tout dans le mental. Elle ne peut pas être là. Elle est au-delà de la pensée-Je elle-même? La réponse est dans le Soi. Nous devenons Cela et Cela est inaccessible au mental et à la pensée-Je.

Le processus est similaire à la montée du silence intérieur (le témoin) qui nous est devenu familier grâce à notre méditation profonde quotidienne avec, toutefois, une différence significative: avec une recherche du Soi efficace, le sens-Je, la pensée-Je s'estompe dans le témoin et avec elle la perception d'une séparation entre l'observateur et l'observé. Cela dépasse l'étape du témoin. La relation sujet-objet devient transparente, allant de deux à Un. Le mental et la pensée-Je sont laissés derrière, même s'ils semblent continuer à fonctionner plus ou moins normalement. C'est le paradoxe de l'illumination. Tout change pour nous et notre environnement, pourtant rien ne semble changer du tout. C'est ce à quoi ressemble la connaissance de l'inconnaissable.

Même si intellectuellement nous pouvons comprendre que notre sens du "Je" n'est qu'une pensée, la pensée racine de toutes les autres pensées, cette pratique nous emmènera bien plus loin. La recherche du Soi dans une pratique structurée du samyama dissout la pensée-Je en profondeur, à sa source, au-delà du mental et de l'intellect, là où toute recherche du Soi doit aller. Lorsque nous nous levons de nos pratiques pour aller dans le monde, nous commençons à voir les choses différemment. La pensée-Je et toutes les illusions qui vont avec s'efface, remplacée par la paix et l'amour divin, qui ont toujours été présents, juste derrière la confusion d'une vie conduite par l'ego.

Cet ajout à notre pratique du samyama n'entrera pas en conflit avec toute autre forme de recherche du Soi que nous pourrions avoir durant la journée. Cela va plutôt l'enrichir. Nous pourrions voir nos perspectives de vie changer, tout comme notre manière de voir le monde, avec un formidable sentiment de liberté. Notre recherche du Soi durant la journée atteindra de nouvelles profondeurs. C'est toujours notre choix, bien sûr. Nous choisirons depuis un endroit plus profond. Au bout du compte, nous choisirons depuis nulle part. Et pourtant, la vie continue. Nous la connaîtrons depuis la perspective de l'amour divin débordant et de la tranquillité en action, même pas cela, puisqu'il s'agit là encore d'expériences dans l'espace et le temps. Le Soi est au-delà de tout ça, au-delà de tout processus divin que notre mental pourrait imaginer ou percevoir.

Mentionnons qu'il s'agit d'un ajout puissant à la pratique du samyama et, comme pour toute autre pratique, il est possible d'en faire trop. Comme toujours, il faut commencer doucement, en prenant garde d'adapter notre rythme en fonction de nos expériences dans nos activités quotidiennes. Si nous sommes un peu fatigués ou énervés pendant la journée, il sera préférable de lever un peu le pied jusqu'à ce que les choses s'apaisent. Il vaut mieux être modéré dans sa pratique, profiter tranquillement de la route plutôt que d'être retardé pour en avoir trop fait et être contraint de passer un temps précieux à récupérer.

En plus des problèmes énergétiques normaux causés par une pratique excessive, des doutes peuvent apparaître lorsque la dualité se dissout dans la non-dualité. Nous pouvons nous demander si nous sommes vraiment prêts à renoncer à notre ego et à en assumer toutes les conséquences. C'est la liberté à son niveau le plus élevé mais elle ne peut pas être vécue en conservant le statu quo du Je, du moi et du mien. Un changement se produit qui dépend de notre abandon. Cela ne signifie pas que nous allons spectaculairement bouleverser notre manière de vivre. Cela signifie seulement que notre point de vue sur la vie va changer. Cela demande pas mal de courage de renoncer à nos vieilles identifications. Cet ajout au samyama conduira directement à cette transformation et des secousses sur le chemin seront normales. Nous devrons avoir la sagesse de gérer nos pratiques en conséquence. Il vaut mieux progresser dans le confort et la sécurité. Si nous avons le choix, nous prendrons la route agréable plutôt que le chemin cahoteux. Nous avons toujours le choix.

Pratiquons avec sagesse et avec joie!

Le gourou est en vous.

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