Leçon 69 - Q&R - La kundalini, symptômes, déséquilibres et remèdes
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De: Yogani
Date: Lundi 5 janvier 2004

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Q: Je suis nouveau dans ce groupe. J'ai fait l'expérience de différents symptômes d'éveil de la kundalini, y compris, mais pas seulement, des sensations de brûlure dans différentes parties du corps. Avant de commencer une pratique régulière de la méditation (du même genre mais d'une autre source) il y a un an et demi, je souffrais de douleur intermittente au troisième oeil. J'ai également commencé d'autres pratiques venant d'une autre source, encore différente. Maintenant, j'ai une sensation de brûlure ininterrompue au troisième oeil. Parfois, j'ai eu envie de faire monter l'énergie et de la faire circuler de façon systématique à travers mon corps. J'ai la sensation d'une brûlure pratiquement continuelle à la base de la colonne vertébrale. Cependant, en ce moment, si je relâche l'énergie, je fais l'expérience d'émotions « dévastatrices », telles que le désespoir, l'isolation et le vide. Et pourtant, je ressens le besoin de continuer et de raffiner cette pratique. Vos suggestions, vos commentaires ou toute autre information seraient les bienvenus.

R: Vous agissez sagement en abordant le problème de façon mesurée, en dosant votre pratique en fonction de vos expériences. Le plus important est de trouver une plateforme stable de pratique quotidienne qui apporte l'équilibre aux énergies internes. Une fois que cela sera établi, alors vous pourrez faciliter l'expansion de la kundalini d'une manière plus confortable et plus agréable, tout en étant plus agressive en même temps. Pour trouver cette plateforme stable, vous aurez peut-être aussi besoin de faire des choses en dehors de votre pratique assise habituelle.

Pour commencer, si ce n'est pas déjà fait, je vous suggère de commencer avec une légère session de respiration de la colonne vertébrale avant la méditation, seulement cinq à dix minutes. Voyez si cela vous amène plus d'équilibre. Voyez si vous pouvez trouver une plateforme de pratique qui soit suffisamment douce, avec seulement le pranayama et la méditation. Ne faites pas encore mulabandha ou sambhavi. Veillez bien à prendre suffisamment de repos en sortant de la méditation. Je vous suggère de suspendre les autres choses que vous faites pour le moment, car il se peut qu'elles exacerbent les énergies de la kundalini. Si vous ressentez beaucoup de bhakti, beaucoup d'émotions spirituelles intenses, vous devriez aussi tempérer cela. Ce qui veut dire alléger un peu tout cela, dans le but de pouvoir bâtir une pratique spirituelle stable et efficace. La bhakti c'est très bien, jusqu'à ce que l'on se heurte à un obstacle. Alors elle risque de devenir problématique. Ce qui peut nous mettre à l'épreuve.

Après tout cela, si vous ne remarquez pas un meilleur équilibre intérieur, vous devrez envisager de diminuer un peu la durée de votre méditation pendant un certain temps, tout en conservant la même durée de pratique de la respiration de la colonne vertébrale, à moins que celle-ci n'ajoute à votre instabilité. Cela ne devrait pas être le cas, mais rien n'est impossible. Voyez si vous pouvez trouver une routine qui comprenne uniquement le pranayama et la méditation et qui vous permette de vous sentir à l'aise dans votre activité quotidienne, en ressentant avec moins d'intensité les symptômes que vous avez décrits. Ensuite, à partir de cette plateforme, vous pourrez commencer à ajouter des choses, l'une après l'autre.

Tout ceci peut sembler limitant étant donné votre désir de continuer malgré le fait que vous soyez confronté à des obstructions difficiles. Il ne fait aucun doute que la voiture de course marche bien, et il ne fait aucun doute que vous voulez foncer. Cependant, ce serait une bonne idée de vous assurer que les roues sont bien dans l'axe de la route avant d'enfoncer la pédale de l'accélérateur. Lorsque vous aurez fait ça, vous pourrez prendre de la vitesse et la conduite sera beaucoup plus rapide, beaucoup plus sûre et beaucoup plus agréable.

Voyons quels sont les principes qui sont mis en jeu dans l'éveil de la kundalini et comment les déséquilibres peuvent se produire. Tout en même temps, nous verrons d'autres mesures que vous pouvez prendre.

La mythologie métaphorique de la kundalini décrit une union entre Shakti (un nom qui désigne la kundalini en mouvement) et Shiva (la conscience de pure félicité). Comme vous le savez, Shakti part de la région qui se trouve près de la base de la colonne vertébrale, de cet immense réservoir de prana qui se trouve là, c'est-à-dire l'énergie sexuelle. Dans la mythologie, Shiva se situe au sommet de la tête. Donc ce qui se passe est décrit comme l'éveil de Shakti qui, ensuite, monte et traverse tous les chakras jusqu'à ce qu'elle atteigne le sommet de la tête où elle s'unit à Shiva qui l'attend là. Lui, il se contente d'être là à ne rien faire, vous savez. Ils font l'amour et le nectar déborde et s'écoule vers le bas, illuminant le pratiquant. Très romantique, n'est-ce pas? En particulier pour Shiva, qui reste assis là haut et ne fait rien, tandis que Shakti doit se frayer un chemin jusqu'à lui (à travers votre système nerveux) pour s'unir à lui.

Si, en théorie, tout à l'air d'être au point, en réalité ce scénario ne marche pas vraiment très bien. La plupart du temps, dans la pratique, cette approche échoue parce qu'elle part du principe que Shakti doit faire tout le travail pour aller trouver Shiva au sommet de la tête. C'est effectivement ce qu'elle s'efforcera de faire, en mettant en pièces votre système neveux dans cette tentative. C'est de là que viennent les symptômes excessifs de la kundalini. Les choses peuvent devenir si inconfortables que la pratique ne peut plus continuer, alors le processus se met en veilleuse pour un bon moment.

La réponse à ce problème, c'est de faire bouger Shiva, qu'il se remue et fasse quelque chose. Il faut qu'il descende de son perchoir et qu'il « mette la main à la pâte » avec Shakti, où qu'elle soit dans le corps, c'est-à-dire partout une fois qu'elle est éveillée et qu'elle monte. Bien que leur union doive finalement s'achever quelque part « là haut », Shiva et Shakti doivent d'abord se rencontrer partout dans le corps. Si cela se produit, on pourra quand même ressentir un petit brin de folie, mais ce sera un petit brin de folie engendré par l'union extatique de Shiva et Shakti dans chaque nerf et chaque cellule du corps, plutôt que le chaos créé par l'énergie de Shakti toute seule, qui brûle tout ce qu'elle rencontre, et qui se trouve dans votre corps. En bref, il faut faire un choix entre l'extase et l'agonie.

C'est la raison pour laquelle la respiration de la colonne vertébrale est la première recommandation. Elle active directement et à la fois les énergies masculine et féminine, et elle les réunit de façon équilibrée. Le souffle ascendant conduit Shakti à Shiva et le souffle descendant conduit Shiva à Shakti. Cela crée une relation équilibrée. Ensuite, unis l'un à l'autre, ils vont ensemble dans chaque nerf et dans chaque cellule du corps. Avec cette approche, on peut faire circuler beaucoup plus d'énergie avec beaucoup moins de stress pour le système. Cela ouvre la possibilité d'une pratique spirituelle beaucoup plus agressive qu'il n'est possible de le faire avec une pratique orientée uniquement sur Shakti. Et cela apporte beaucoup plus de plaisir extatique aussi.

Il faut signaler aussi qu'avec le mantra I AM (ayam), l'équilibre des énergies masculine et féminine est aussi pris en compte, ainsi que nous en avons parlé dans la leçon 59 qui s'intitule « des précisions sur le mantra ».
http://www.aypsite.ch/lecon_059
Le reste de nos pratiques avancées est aussi établi de façon à être bipolaire dans leur nature. Nous avons introduit mulabandha à la racine et sambhavi au troisième oeil. Dans le futur nous continuerons, selon cette approche, à introduire de nouvelles pratiques de façon bipolaire. Pour l'équilibre. L'éveil de la conductivité extatique dans le nerf spinal est la manifestation de cet équilibre, l'union extatique de Shiva et Shakti dans la sushumna.

Et le sommet de la tête? Nous l'avons délibérément laissé en dehors des leçons jusqu'à présent. Il s'appelle sahasrar, le « lotus aux mille pétales ». Nous en traiterons plus tard. Il faut aussi s'en occuper. Mais le faire de façon prématurée peut conduire au genre d'émotions « dévastatrices » dont vous avez parlé. Nous voulons d'abord que le nerf spinal, qui va de la racine au troisième oeil, soit bien nettoyé et que la conductivité extatique soit pleinement établie. Ensuite, le sommet de la tête entrera en jeu naturellement. Elle a sa propre connexion avec la sushumna. Si nous y allons trop tôt en essayant de faire un raccourci, nous paierons le prix. La façon la plus sûre d'approcher le sommet de la tête se fait via la sushumna, lorsque celle-ci a été préalablement bien purifiée. Aller au sommet de la tête d'abord et nettoyer ensuite la sushumna est le meilleur moyen de se créer des désagréments. Beaucoup de symptômes excessifs de kundalini peuvent alors apparaître.

Même lors des éveils de kundalini les plus en douceur il y aura quelques symptômes. Il pourra y avoir de la chaleur et/ou de la douleur aux extrémités du nerf spinal, comme vous l'avez décrit, au troisième oeil et à la racine. Avec la respiration de la colonne vertébrale pratiquée sans effort et la méditation cela ne devrait pas prendre des proportions extrêmes. Si cela se produisait, réduisez votre pratique quelque peu, comme nous l'avons conseillé, et essayez quelques unes des mesures dont nous parlons plus bas. Beaucoup d'autres choses peuvent se produire. De légères sensations de brûlure ici ou là. Le corps qui fait un mouvement brusque ou de l'air expulsé de façon soudaine des poumons pendant la pratique. Une sensation semblable à celle d'insectes qui se déplaceraient sur la peau, ou de picotements occasionnels pendant la journée. Des sensations étranges dans les pieds qui sont à la fois agréables et qui grattent en même temps (celles là peuvent être apaisées en marchant régulièrement). Cela peut se produire dans les mains aussi. On peut avoir tout un assortiment varié de chair de poule, de frissonnements, légers maux de tête, picotements chauds et autres sensations bizarres. Tout cela s'apaise avec le temps. Le peu qui en reste éventuellement est complètement masqué par l'expérience de pure conscience de félicité et d'extase divine que l'on éprouve en soi. Ce genre de chose arrive lors d'un éveil normal de la kundalini. Ce sont tous des symptômes dus à l'élimination des obstructions, qui laissent la place à une nouvelle vie d'extase sans fin.

Si les symptômes deviennent extrêmes et ne peuvent être atténués par le pranayama et la méditation, même en réduisant la pratique, alors des mesures supplémentaires sont nécessaires. Elles peuvent être envisagées par quiconque fait des pratiques spirituelles pour prévenir les difficultés dues à la kundalini.

Il y a trois facteurs qui influent sur la façon dont la kundalini circule en nous: la constitution physique, le mode de vie et les pratiques. Ces facteurs déterminent nos tendances à avoir une énergie de kundalini équilibrée ou déséquilibrée.

Tout d'abord, la constitution physique. Nous sommes nés avec, et chacun de nous a certaines tendances qui déterminent comment l'énergie (prana) s'écoule dans notre corps. Elles sont bien décrites dans le système indien de médecine qu'est l'ayurveda et qui concerne l'équilibre des énergies dans le corps. Notre constitution présente trois aspects, et nous pouvons avoir trop ou trop peu de n'importe lequel d'entre eux. Ce sont:
Vatta: Est-ce que notre nature est flexible, ou est-ce qu'elle est trop agitée?
Pitta: Notre nature est-elle focalisée ou bien colérique et inflammable?
Kapha: Notre nature est-elle stable ou bien prise dans l'inertie?

Ce sont les trois « doshas » (aspects) de notre constitution. Chacun de nous est un mélange différent des aspects positifs ou négatifs mentionnés. On peut faire beaucoup pour équilibrer les doshas. L'ayurveda a de nombreux moyens pour compenser les déséquilibres de la constitution, ce qui peut aider à résoudre les symptômes excessifs de la kundalini. Les diètes et les suppléments à base de plantes sont particulièrement utiles et sont étudiés pour pacifier un excès de feu (pitta), ou/et de mouvement (vatta) dans le corps, le mental et les émotions, qui sont des classiques des symptômes de la kundalini. Pour en savoir plus sur l'ayurveda, vous pouvez vous reporter aux écrits de Deepak Chopra et d'autres. Il y a aussi un groupe sur Yahoo à l'adresse suivante:

http://health.groups.yahoo.com/group/ayurvedaonline

Le deuxième facteur qui affecte la façon dont la kundalini agit en nous, est notre style de vie. Faisons-nous trop de pratiques spirituelles en n'ayant pas assez d'activité? Travaillons nous trop ou insuffisamment? Fréquentons-nous suffisamment des gens dont la compagnie soutient notre engagement spirituel? Ce genre de choses est important. Si nous avons des symptômes de kundalini excessifs, ou même mineurs, des activités qui nous « ancrent » peuvent être utiles. Faire de longues promenades quotidiennes l'esprit détendu est l'une des meilleures thérapies pour calmer les énergies de kundalini. Le tai chi, pratiqué régulièrement, permet aussi de rester bien ancré. Les asanas (postures) de yoga, dont nous parlerons dans les prochaines leçons, peuvent aider. L'exercice physique, d'une façon générale, est bon pour maintenir les énergies bien ancrées sur la terre. Un régime alimentaire plus lourd pendant les périodes d'énergies excessives de la kundalini est également un bon moyen. Ces activités qui nous ancrent dans le sol ne nous débarrassent pas de la kundalini. Bien plutôt, elles introduisent le composant Shiva qui nous aide à intégrer l'énergie de la kundalini dans notre système nerveux. De telles activités sont bonnes à pratiquer en plus de la respiration de la colonne vertébrale, de la méditation et des autres pratiques de yoga avancées.

Le troisième facteur qui influe sur la façon dont la kundalini évolue en nous, c'est nos pratiques. Nous avons traité ce sujet en long en large et en travers, mais nous pouvons toujours en dire plus.

La chose, c'est de regarder votre vie sous tous ces angles et de déterminer où se trouve l'origine du déséquilibre, puis de s'en occuper. Nous avons commencé par parler du haut niveau d'équilibre des énergies masculine et féminine dans nos pratiques de pranayama et de méditation. C'est là qu'il nous faut trouver l'équilibre en premier, dans notre façon de pratiquer. Si cela fonctionne, alors nous pouvons aller de l'avant sans crainte, et ajouter d'autres pratiques, nous plonger dans les expériences toujours en expansion de conscience de pure félicité et d'extase divine. S'il y a quelque chose d'autre, quelque part dans notre constitution ou notre mode de vie, qui crée un déséquilibre, alors nous devrons y remédier. Une fois que ce sera fait, nous pourrons aussi progresser à bonne vitesse dans nos pratiques sans avoir à subir d'inconfort inutile.

Pour ceux qui ne ressentent pas les symptômes de la kundalini, continuez à pratiquer comme toujours, en suivant les directives données et en les adaptant à votre capacité personnelle et au temps dont vous disposez. Conservez cette leçon précieusement pour le cas où. Il se peut que tout se passe dans la plus grande douceur et que vous glissiez dans l'illumination sans la moindre anicroche. Ce serait merveilleux. Si, par contre, il y a quelques symptômes de la kundalini en cours de route, vous ne serez pas surpris après avoir lu tout ceci. Cette leçon sera pour vous un moyen de faire le point sur ce qui se passe et sur la façon de faire les ajustements nécessaires.

Le gourou est en vous.

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