Leçon 108 - Kechari mudra- Un bond de géant pour l'humanité
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De: Yogani
Date: Jeudi 5 février 2004

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Kechari mudra est un sujet de discussion et de débat de plus en plus fréquent de nos jours. C'est bon signe. Cela veut dire que cette pratique sort de l'ombre du yoga ésotérique pour entrer dans le soleil matinal de ce nouvel âge de l'illumination qui commence à poindre.

Qu'est-ce que kechari mudra? Expliquons cela en termes que nous pouvons facilement comprendre. A un centimètre ou deux au dessus de notre palais, se trouve l'un des organes les plus sensibles à l'extase de tout notre corps. Il peut être relativement facilement atteint avec notre langue. Il se situe sur le bord arrière du septum nasal 1, et lorsque le système nerveux sera suffisamment purifié au moyen des pratiques avancées de yoga, notre langue roulera vers l'arrière pour monter dans la cavité du pharynx nasal et entrer en contact avec la partie sensible de notre septum. Lorsque cela se produit, c'est comme si un interrupteur général était fermé dans notre système nerveux, et toutes nos pratiques de yoga avancées et nos expériences commencent à fonctionner à un niveau plus élevé. Lorsque kechari est atteint naturellement, nous entrons sur la voie rapide du yoga. C'est comme jouer en première division pour le yoga, si vous voulez.

Ramakrishna disait "Lorsque la divine déesse s'élève, la langue roule en arrière".

Beaucoup ont fait l'expérience de ce phénomène naturel à un moment de leur pratique du yoga. Quand le système nerveux est prêt, cela se produit, tout simplement. La langue cherche à aller en arrière. Mais peu arrivent jusqu'au bout de l'expérience, c'est juste une question d'entraînement. Si la bhakti est forte, et que la langue roule vers l'arrière, la distance à parcourir n'est pas grande pour établir, dans le pharynx, la connexion avec un niveau plus élevé d'expérience spirituelle.

Peu nombreuses sont les personnes sur terre aujourd'hui qui ont fait cette transition importante en yoga. Cependant, il est probable que le nombre de gens qui pourront faire kechari augmentera de façon significative dans les années qui viennent. Quand cela se produira, ce sera un bond de géant en avant pour l'humanité, car cela indiquera le passage de l'humanité vers un mode de fonctionnement essentiellement spirituel du système nerveux. Cela amènera les nombreux bienfaits de l'illumination naissante dans toute notre société moderne. C'est dire l'importance et la puissance de kechari et à quel point il indique la direction vers laquelle l'humanité se dirige. Un petit nombre seulement de yogis et de yoginis en kechari peut avoir un effet énorme sur les énergies spirituelles de tout le monde. Ils irradient une énergie qui accélère le processus d'illumination en tous. Donc, bien que kechari soit un phénomène individuel sur le chemin qui conduit à la transformation spirituelle de l'homme, il a des implications globales, de même que toutes nos pratiques de yoga avancées. Comme l'a dit Jésus, "vous êtes la lumière du monde".

Mais assez sur la destinée spirituelle de la race humaine. Qu'en est- il de chacun de nous et de notre relation à kechari?

Depuis que kechari a été mentionné pour la première fois dans ces leçons il y a quelque temps, plusieurs personnes m'ont écrit pour dire qu'ils en avaient les premiers symptômes, et se demandaient ce qu'ils devaient faire. "Dois-je empêcher la langue de rouler vers l'arrière?" "Dois-je continuer? Et si oui, comment?" Telles sont les questions qui ont été posées.

Si la langue roule vers l'arrière et que nous avons l'impression que les choses vont trop vite, il n'y a pas de précipitation à avoir. Si nous avons des doutes ou des expériences de kundalini excessives, il vaut peut-être mieux attendre. C'est l'application du principe d'aller à son propre rythme. Il n'y a que vous qui pouvez savoir quand le moment est venu. Personne ne peut vous dire quand c'est le moment de faire kechari, ou toute autre pratique de yoga avancée. Vos expériences et votre bhakti seront vos guides.

Bien que nous parlions d'un voyage de quelques centimètres, kechari n'est pas une petite affaire. Pas tant physiquement, bien que ce soit un défi sur le plan physique, mais plutôt pour la psyché et les émotions. Kechari est un grand pas à franchir. Il va au coeur de notre identité spirituelle. Sommes-nous prêts à fermer un interrupteur neurologique qui nous transportera à un niveau plus élevé d'existence? Ce n'est pas que nous soyons changés instantanément et pour toujours. Ce n'est pas comme ça. Le jour qui suit notre entrée en kechari pour la première fois nous sommes toujours la même personne. Il est même possible que nous arrêtions de faire kechari si nous l'avons pratiqué prématurément. Il n'y a pas de mal à ça. Kechari nécessite un temps d'habituation, comme toutes les pratiques avancées que nous faisons. Il faut de la détermination pour dépasser les débuts maladroits dans kechari.

Nous ne sommes pas instantanément une autre personne dès l'instant où nous commençons kechari. C'est seulement avec le temps, avec une pratique quotidienne que nous serons transformés, et ce sera une transformation substantielle. En réalité, nous serons devenus une personne différente avant que nous n'entrions en kechari. La décision de le faire est le moment crucial, tout autant que l'action elle-même. De ce point de vue, kechari est plus qu'une action physique. La décision de faire kechari c'est reconnaître que le système nerveux est prêt pour le niveau suivant. Le système nerveux nous dit quand il est prêt. Nous sommes devenus kechari avant même que nous n'y entrions. N'en est il pas ainsi de toutes les pratiques de yoga avancées que nous abordons? Nous nous sentons prêts. Nous commençons la pratique. Si nous sommes en accord avec notre système nerveux, nous poursuivrons la pratique. Si c'est prématuré, alors ce sera difficile et nous devrons revenir en arrière. C'est très bien ainsi. C'est de cette façon là que nous nous testons pour trouver les ouvertures qui nous permettent d'avancer en yoga. Kechari est comme ça aussi. Sauf qu'avec kechari nous en faisons un peu plus pour nous y plonger, et l'expérience est plutôt spectaculaire, donc il faut une forte motivation pour le faire, une forte bhakti.

Kechari signifie "voler à travers l'espace intérieur".

Ca a l'air à la fois poétique et spectaculaire. Et pourtant, kechari est bien plus que ça. C'est bien plus personnel que ça. La pratique régulière de kechari nous emmène dans une relation amoureuse permanente des polarités en nous. Les effets de kechari dépassent de loin ceux des relations sexuelles tantriques telles qu'elles sont discutées dans les leçons de tantra. C'est stupéfiant parce que kechari n'implique aucune activité sexuelle extérieure. Kechari est l'un des grands secrets des célibataires illuminés. Non pas que le célibat et kechari doivent aller ensemble. N'importe qui peut pratiquer kechari et continuer à avoir des relations sexuelles normales. Mais si l'on choisi la voie du célibat, alors kechari, avec d'autres pratiques avancées de yoga, procurera plus que suffisamment de culture de l'énergie sexuelle pour la faire monter dans le système nerveux. C'est un processus interne naturel qui s'élève en nous.

Avec kechari, est-ce que nous "volons à travers l'espace intérieur"? La plus grande partie de l'expérience de kechari est la montée de la béatitude extatique. Les sens sont naturellement tournés vers l'intérieur et c'est comme si on volait à l'intérieur. Nos dimensions intérieures sont vastes, et nous nous élevons en elles dans une rêverie constante.

La connexion que nous faisons avec le haut de la sushumna, ida et pingala dans kechari est extatique et fait monter la conductivité extatique dans le système nerveux davantage que n'importe quelle autre pratique. Chacune des autres pratiques de yoga avancées devient alors de plus en plus efficace pour faire la même chose, élever la conductivité extatique. Donc, kechari est une connexion extatique qui illumine notre système nerveux tout entier. Le bord sensible du septum nasal est un autel de félicité. Plus nous y passons de temps, plus nous expérimentons de félicité. Kechari est le compagnon parfait de sambhavi. Les deux pratiques sont complémentaires. Ensemble, sambhavi et kechari tirent l'extase divine vers le haut, nous remplissant de lumière divine.

Les yogis et les yoginis avancés utilisent kechari de façon continuelle pendant toutes leurs pratiques assises, et souvent pendant la journée lorsqu'ils n'ont pas besoin de parler. En d'autres termes, kechari est la demeure du yogi et de la yogini avancés. Nous ne savons même pas qu'ils sont en kechari. Seul le rayonnement subtil de lumière divine les trahit. Intérieurement ils jouent en permanence cette romance d'amour divin.

Nous traiterons de quatre niveaux de kechari ici, tous en rapport avec le positionnement du bout de la langue:

Niveau 1 - Au point où le palais et le voile du palais se rejoignent. C'est la ligne de démarcation qui doit être franchie avant que le niveau deux puisse être abordé.

Niveau 2 - Derrière le voile du palais, vers le septum nasal. C'est un voyage court, mais d'une importance capitale. Au départ cela se fait en s'aidant d'un doigt qui pousse sous la langue, vers la gauche ou vers la droite du voile du palais, là où le passage est le plus facile. Ceci peut nécessiter de "briser l'hymen" de la membrane qui est sous la langue. Nous en reparlons plus en détail un peu plus loin.

Niveau 3 - Monter progressivement tout en haut du pharynx nasal et du septum. Ceci nous conduit à la structure osseuse qui contient la glande pituitaire.

Niveau 4 - Pénétrer les passages du nez de l'intérieur et monter au- delà du haut du pharynx vers le point entre les sourcils. Ce n'est pas si loin que cela pour la langue. Mettez votre pouce à l'articulation de votre mâchoire et placez l'index à l'extrémité de votre langue étirée, puis faites pivoter, en gardant le même écartement des doigts, jusqu'au point entre les sourcils. Vous voyez? Ce n'est pas si loin pour pouvoir être atteint par la langue étirée depuis sa racine.

Il peut se passer de nombreuses années entre le niveau 1 et le niveau 4. Kechari est une évolution qui se fait sur le long terme, ce n'est pas un événement qui se produit du jour au lendemain, bien qu'il y ait des moments de transition cruciaux, surtout entre les niveaux 1 et 2 et les niveaux 3 et 4. Maintenant, voyons ces quatre niveaux plus en détail.

Le niveau 1 nous met en contact avec le fond de la cloison nasale à travers le palais, dans le fond de notre bouche. Nous avons déjà proposé cela comme but vers lequel tendre dans la leçon sur yoni mudra kumbhaka. Un certain degré de réponse extatique peut être ressenti au point où le palais et le voile du palais se rejoignent si le système nerveux devient plus pur. Le niveau un n'est pas facile car cela demande un effort, pour la plupart des gens, de garder la langue contre le palais et de la faire aller plus loin en arrière progressivement avec le temps. Une habitude se développe graduellement. Une fois que le bout de la langue dépasse le point où le palais et le voile du palais se rejoignent, et que le voile du palais peut être poussé vers le haut avec la langue, alors le niveau deux est proche.

Le niveau deux est très spectaculaire. La langue est poussée vers l'arrière avec un doigt, du côté droit ou gauche du voile du palais. Ce sont les deux passages les plus courts qui conduisent derrière le voile du palais. L'un des deux est plus court que l'autre. A un moment donné vous en ferez l'expérience et vous verrez par vous-même. La voie la plus longue est celle du milieu. Il y a un tendon élastique qui parcourt le voile du palais d'un bord à l'autre de son extrémité arrière. Quand le bout de la langue passe derrière pour la première fois, le tendon élastique peut se glisser autour de la langue comme s'il s'en saisissait. Alors le bout de la langue se retrouve tout à coup dans le pharynx et touche le bord de la cloison nasale pour la première fois.

La première réaction est une réaction de surprise, et la langue ressortira probablement rapidement. Il lui est facile de ressortir, l'aide des doigts n'est pas nécessaire. Il est également facile de respirer par le nez avec la langue dans le pharynx. Lorsque la langue y pénètre la première fois, il est possible que le nez et les yeux se mettent à couler, ou que l'on éternue. On peut ressentir une excitation sexuelle ou de fortes émotions. Tout cela constitue des réactions temporaires au fait d'entrer dans le niveau deux de kechari pour la première fois. Avec la répétition, les choses se tassent. Avec le temps, le doigt ne sera plus nécessaire pour passer derrière le voile du palais. Le tendon élastique qui traverse le voile du palais d'un bord à l'autre se détend et le niveau deux de kechari devient tout à fait confortable. En fait il est plus facile de rester dans le niveau deux de kechari que dans le niveau un. La langue repose très facilement dans le pharynx sans aucun effort, ce qui rend cette pratique simple à utiliser pendant le pranayama et la méditation. La langue, de toute évidence, est faite pour demeurer extatiquement dans le pharynx nasal.

Il y a deux considérations pratiques dont il faut tenir compte lorsque l'on est au stade deux de kechari. La première est la lubrification du pharynx, la deuxième est l'accumulation de salive dans la bouche.

Le pharynx peut être un peu capricieux. Habituellement, il est naturellement humide et bien lubrifié pour la langue. Occasionnellement il est sec et relativement moins bien lubrifié. Dans le premier cas, kechari peut être pratiqué presque indéfiniment. Dans le deuxième cas, uniquement au compte goutte. Lorsque le pharynx est sec, il peut y avoir une sensation piquante lorsque la langue s'y place. Donc, ce n'est pas le moment de faire kechari. Nous revenons au niveau un lorsque cela se produit. Heureusement, le pharynx sera presque toujours humide pendant les pratiques. Mais il n'y a rien de sûr. Nous nous y plaçons seulement quand nous sommes les bienvenus, c'est-à-dire presque tout le temps. Et quand nous ne sommes pas les bienvenus, nous acceptons la situation et nous nous abstenons. Comme ça.

Lorsque nous sommes dans le deuxième stade de kechari, la salive s'accumule dans la bouche. Comme nous ne pouvons pas avaler ce qui est dans notre bouche avec la langue qui monte dans le pharynx, et que nous ne voulons pas baver, nous sortons de kechari quand c'est nécessaire pour avaler la salive accumulée dans notre bouche. Dans les débuts de la période d'ajustement au deuxième niveau de kechari il peut y avoir abondance de salive, donc nous devrons avaler plus souvent. Avec le temps, la salive revient à un niveau normal, et il sera peu fréquent d'être obligé de sortir de kechari pour avaler la salive.

Donc, au niveau deux de kechari, nous laissons simplement notre langue reposer sur le bord du pharynx, et cela met en route les processus spirituels partout dans notre corps.

Au début du deuxième stade de kechari, nous éprouverons de la curiosité. Nous sommes dans un nouveau lieu et nous voulons découvrir ce qui se trouve dans le pharynx. Il y a le septum nasal si sensible, "l'autel de la félicité". Nous n'avons aucune difficulté à le trouver, et à nous rendre compte que la meilleure façon de faire le pranayama et la méditation est avec la langue qui repose sur lui. C'est comme d'avoir un puissant siddhasana à l'oeuvre simultanément à l'autre extrémité du nerf spinal et qui éveille notre système nerveux tout entier depuis le haut. Quand nous ne serons pas en train de jouir de la félicité contre le septum nasal, nous partirons sans doute en exploration, nous trouverons les proéminentes trompes d'eustache de chaque côté des passages du nez. Nous ne manquerons pas non plus de remarquer l'entrée des fosses nasales de chaque côté du septum, et très vite de remarquer aussi les muqueuses érectiles extrêmement sensibles à l'intérieur. C'en est trop. Mieux vaut rester à l'écart de tout cela pendant un moment. Donc nous montons jusqu'au septum dans notre voyage vers le sommet du pharynx, le niveau 3. Pour certains, c'est un voyage court. Pour d'autres, cela peut prendre longtemps. En nous y rendant nous exposons la longueur totale du septum à notre langue, et nous nous préparons à entrer, pour finir, dans les passages des fosses nasales pour monter plus haut.

Une pratique qui peut aider lorsque l'on va au-delà du niveau deux de kechari est ce que l'on appelle "traire la langue". Elle consiste à tirer doucement sur la langue avec les doigts des deux mains, en alternance, comme si on trayait une vache. Un bon moment pour faire cela pendant quelques minutes est quand on est sous la douche chaque jour. De cette façon, on peut en retirer les bénéfices sans baver partout sur ses vêtements. Avec du temps, la langue peut s'allonger par cette méthode. Elle n'offre cependant pas beaucoup d'utilité pour accéder au niveau deux. S'occuper du frein de la langue est beaucoup plus utile pour ça, comme on en parlera plus bas. Traire la langue a une utilité pour aller au-delà du niveau deux de kechari, en particulier le niveau quatre.

Le niveau quatre est également un pas spectaculaire à franchir. Cela peut prendre des années après les niveaux deux et trois. Chacun en aura une approche différente. Il y a un truc pour y arriver. Les passages des fosses nasales sont haut et étroits, et la langue est basse et large, donc la langue ne peut aller dans les passages qu'en se tournant sur le côté. Mais sur quel côté? Un côté marche mieux que l'autre. La langue peut être tournée de façon naturelle du haut jusqu'au milieu en suivant le canal qui se trouve au sommet de la trompe d'eustache et qui débouche dans le passage qui lui est adjacent. Cela retourne de façon naturelle le bout de la langue jusqu'au centre et lui permet de se glisser en remontant le long du bord du septum pour entrer dans le conduit nasal. Il faut tourner la langue vers l'intérieur jusqu'à son milieu pour pouvoir monter dans les conduits du nez. Aborder le stade quatre est aussi spectaculaire que d'aborder le niveau deux, parce que les tissus des conduits du nez sont extrêmement sensibles, et se connecter à eux de la manière décrite fait accéder le système nerveux à un niveau encore plus élevé. Le niveau quatre procure une stimulation extensive des extrémités de la sushumna, d'ida et de pingala et ceci a des effets énormes dans tout le système nerveux, en particulier lorsqu'il est combiné avec notre pranayama et ses mudras et bandhas associés.

Passer au niveau quatre est naturel une fois que les niveaux deux et trois ont été maîtrisés et deviennent une seconde nature. Avant cela nous ne sommes pas très attirés, en raison de la sensibilité des conduits du nez. L'ouverture de notre système nerveux et l'accroissement de notre bhakti nous mènent au niveau quatre lorsque nous sommes prêts.

Une fois que l'on a pénétré dans les conduits du nez, la langue peut être utilisée pour pratiquer la respiration "alternée dans les passages" pendant le pranayama et yoni mudra kumbhaka. Ceci procure une stimulation alternée des conduits du nez, qui produit des effets de purification supplémentaires de la sushumna, d'ida et de pingala. Notre pranayama et notre kumbhaka deviennent super chargés dans le niveau quatre de kechari.

Les quatre niveaux de kechari engendrent des ouvertures neurologiques majeures dans la tête et à travers tout le système nerveux. Kechari est l'une des techniques qui vont le plus loin et l'une des plus agréables de toutes les pratiques avancées de yoga. Kechari représente une transition majeure dans nos pratiques avancées de yoga vers un niveau beaucoup plus élevé.

Parlons maintenant de la membrane/tendon situé sous la langue et que l'on appelle le "frein".

Pour la plupart d'entre nous, le frein de la langue sera le facteur limitant pour accéder aux différents niveaux de kechari. Il y a un débat pour savoir si le frein devrait être coupé ou pas. Certains disent que nous méritons kechari ou non en fonction du genre de frein que nous avons sous la langue, et que la seule façon d'arriver à faire kechari est en étirant ce frein. Si nous n'arrivons pas à l'étirer suffisamment pour pouvoir faire kechari, c'est la "volonté de Dieu".

Dans ces leçons, nous n'adhérons pas à ce point de vue limitant. Notre point de vue ici est "aide toi et le ciel t'aidera".

Dans ces leçons, nous considérons le frein comme une attache qui doit être coupée quand le moment est venu. Elle nous empêche de faire kechari jusqu'à ce que nous soyons prêt. Lorsque nous serons prêt, et chacun de nous sait quand le moment est venu, le frein pourra être coupé. C'est comme un "hymen". Quand une femme est prête pour des rapports sexuels, l'hymen s'en va. Jusqu'à ce moment là, il sert de protection. Briser cet hymen peut être un événement traumatisant et douloureux si il est forcé. A un moment ou à un autre, le frein sera forcé de s'ouvrir aussi, parce que faire kechari est aussi naturel que d'avoir des relations sexuelles. C'est prévu biologiquement. Cela se produit lorsque le système nerveux est suffisamment mûr. Les pratiques de yoga avancées nous rapprochent de cette transition chaque jour avec nos pratiques quotidiennes.

Kechari résulte d'une second puberté en nous, notre puberté spirituelle. Lorsque notre système nerveux devient pur, notre bhakti s'accroît. Plus que quoi que ce soit d'autre, c'est notre bhakti qui nous pousse à kechari. Quand chacune des fibres de notre être désirera Dieu, alors nous le ferons. La langue roulera en arrière et montera. C'est comme ça.

Une fois que notre bhakti poussera notre langue en arrière pour faire kechari, alors il ne sera pas traumatisant ni douloureux de briser l'hymen de notre frein. Cela peut être très facile et doux. Par dessus tout, cela peut être, et cela devrait être, progressif. Cela se fait par de toutes petites incisions. De petites incisions qui sont chacune de la taille d'un cheveu ou d'un fil minuscule. Une petite pince à cuticule (comme une petite pince pour fil électrique) aiguisée et stérilisée peut être utilisée pour faire ça, petit à petit 2. Lorsque nous relevons la langue, nous voyons tout de suite l'endroit où le frein tire le plus. Si nous faisons une petite incision là, pas plus grande qu'un cheveu, cela ne saignera probablement même pas. Tout au plus une goutte. Si c'est plus qu'une goutte, alors nous en avons trop fait. La petite incision guérira en un jour ou deux. Les tissus de la bouche guérissent très vite. Ensuite, peut être dans une semaine, ou dans un mois, nous serons à nouveau prêts à recommencer. Ensuite, une semaine plus tard ou davantage, nous recommencerons. Si nous sommes sensible, nous pouvons utiliser un peu de glace pour engourdir le frein, et nous ne ressentirons même pas le petit pincement lorsque nous ferons l'incision. N'utilisez pas de glace pour faire une grande incision. Cela fait trop et fait courir un risque d'infection. Nous ne devrions pas faire d'incision si nous avons un type quelconque d'infection dans le corps. Avec de petites incisions minuscules, le frein laissera la langue aller en arrière en très peu de temps. Et avant que nous ne nous en rendions compte, nous serons en train d'utiliser nos doigts pour pousser notre langue derrière le voile du palais.

Nous pouvons continuer de pratiquer les petites incisions une fois que nous avons atteint le niveau deux, cela nous aidera à passer au niveau trois. Ensuite, nous pouvons toujours poursuivre les petites incisions une fois que nous serons arrivés en haut du pharynx nasal, cela nous aidera à accéder au niveau quatre. Cela prendra des années. Nous ne sommes pas pressés. Nous pouvons passer de nombreux mois, ou même des années sans faire d'incision, et nous satisfaire de jouir du niveau de kechari que nous avons atteint jusque là, et de la croissance spirituelle constante qui l'accompagne. Puis nous pourrons nous sentir poussé à continuer de monter avec la langue, et faire quelques incisions de plus.

Quand les incisions sont poursuivies au-delà du niveau deux, il devient très facile de les faire. Quand le frein cède progressivement du terrain, le bord, lorsqu'il est étiré devient comme un cal. Et on ne ressent aucune douleur à l'inciser, il ne saigne pas non plus. Ce n'est pas difficile de l'inciser pour que la langue puisse monter davantage dans des niveaux plus avancés de kechari. C'est un long voyage dans le temps, mais c'est profondément satisfaisant. Cela peut prendre des dizaines d'années pour accomplir les stades un à quatre. Inutile de se précipiter. Le système nerveux sait ce qui doit se faire. Quand il le sait, nous le savons au moyen de notre bhakti.

Le frein de chacun de nous est différent. Un petit nombre pourra faire kechari sans qu'il soit nécessaire de faire d'incision. D'autres auront besoin de beaucoup d'incisions. Les autres se situeront entre les deux. Quelque soit notre cas, nous saurons ce qu'il faut faire lorsque notre bhakti montera. Personne d'autre ne peut nous dire quoi faire, ni quand. Tout le contenu de cette leçon est proposé en tant qu'information, de sorte que vous puissiez avoir une meilleure idée des possibilités qui sont offertes lorsque la bhakti se manifeste.

Certains auront des inquiétudes médicales en ce qui concerne l'incision du frein. La plupart des médecins n'y seront pas favorable. Y a t-il un risque? Il y a toujours quelque risque lorsque nous entreprenons quelque chose de nouveau. C'est la vie. La pratique qui consiste à inciser le frein de la langue pour faire kechari existe depuis des milliers d'années, depuis au moins aussi longtemps que la circoncision, les piercings et les tatouages. Non pas qu'aucune de ces autres sortes d'altération du corps soient de la même catégorie que kechari. Elles ne le sont pas. Kechari est l'une des techniques de yoga les plus avancées qui soit sur cette terre. Quand nous saurons que nous sommes prêts, nous accepterons de prendre n'importe quel risque qui lui est associé pour pouvoir la pratiquer. Chacun choisi sa propre voie en fonction des sentiments qui s'élèvent dans son coeur.

Cette leçon n'a pas pour but de promouvoir kechari niveau deux et au- delà pour tout le monde. Elle a pour but de fournir des renseignements utiles pour ceux qui expérimentent les symptômes de kechari et se trouvent naturellement en train de s'étirer au-delà du niveau un. Ce que vous ferez de l'information contenue ici est votre choix. Rappelez- vous toujours de vous adapter à votre capacité et à vos expériences.

Le gourou est en vous.


Notes du traducteur:
  1. Le septum nasal est la cloison médiane séparant les cavités nasales (narines).
  2. Inutile de dire que Kechari mudra a suscité sur le forum d'AYP de nombreuses et interminables discussions entre les internautes.
    Ces discussions se trouvent sur le forum: "Support for AYP Pranayama, Mudras and Bandhas"
    http://www.aypsite.org/forum/forum.asp?FORUM_ID=15
    Beaucoup se sont posé la question de savoir quel était exactement l'outil à utiliser. Nous indiquons ci-dessous quelques uns des exemples cités sur ce forum:
    http://www.ollieninh.com/npnippers.html
    http://www.zamberg.com/zb/cuticle-nippers-64l.ashx

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