Leçon 304 - Alimentation, kundalini et le cycle du nectar
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De: Yogani
Date: 13 février 2009

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Cela ne devrait pas être une surprise qu'un régime alimentaire bon pour la santé soit également une aide à notre progrès spirituel.

Un régime peut-il être une pratique spirituelle de base? Alors que certains croient que tout peut se résoudre par un régime et vont très loin dans ce sens avec des choix extrêmes sur ce qu'il faut ou non manger, nous devons être réalistes et dire qu'un régime est une aide au développement spirituel, mais non une cause essentielle. Si tel avait été le cas, les anciens Yogas Sutras auraient certainement considéré l'alimentation comme une branche essentielle et nous aurions certainement beaucoup plus de fanatiques des régimes ayant atteint l'illumination autour de nous. En fait dans les Yogas Sutras le régime est une sous-division de la pureté dans la catégorie des niyamas (observances). En d'autres mots, notre éveil ne dépendra vraisemblablement pas d'un régime ou d'un jeûne, mais nous pouvons aider les choses considérablement avec un régime si nous faisons des pratiques spirituelles plus puissantes telles que la méditation profonde, le pranayama de la respiration spinale, les asanas, les mudras, les bandhas etc. A ce moment-là, un régime peut ajouter un autre niveau de purification et d'ouverture pour améliorer l'efficacité des autres pratiques et nos progrès en général.

Ceux qui font la méditation profonde et d'autres pratiques spirituelles rapportent que leurs préférences alimentaires changent naturellement avec le temps pour devenir plus légères et plus nourrissantes. C'est l'appel de l'intérieur (voir la leçon 30). En même temps que notre conscience s'élève, l'attention que nous portons à manger sainement s'élève de même que le besoin naturel de le faire. Et si nous ne ressentons pas ce désir? Et bien, ne vous faites pas trop de soucis! Chaque chose en son temps. Choisir une approche forcée pour un régime ou un style de vie ne donnera pas des résultats durables. Il est à peu près certain qu'un régime imposé sera à la longue un régime qui échoue. Donc, travaillez de l'intérieur avec des pratiques spirituelles valables et les comportements externes suivront en temps voulu. « Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu et toutes ces choses vous seront données par-dessus »1..

En nous engageant dans nos pratiques spirituelles pendant des mois et des années, nous habituons peu à peu notre système nerveux à un niveau de fonctionnement plus élevé. Nombre de caractéristiques de ce changement sont mesurables dans notre neurobiologie. Un processus complexe de purification et d'ouverture se produit chez ceux qui pratiquent les méthodes yogiques.

Il y a deux aspects principaux de notre purification et de notre ouverture, chacun avec sa propre signature biologique.

- L'émergence du silence intérieur - une paix intérieure durable, une tranquillité, au-delà de nos pensées, de nos sentiments et des hauts et des bas de la vie. Nous en venons à le connaître comme notre « Soi ».

- L'émergence de la conductivité extatique (la kundalini) dans le corps, des sensations d'une énergie agréable se mouvant en nous, pénétrant chaque aspect de notre fonctionnement neurobiologique. Nous en venons à la connaître comme « l'aspect rayonnant de notre Soi »

Si l'alimentation n'est pas la cause première de ces changements dans notre fonctionnement interne, elle y participe.

A mesure que, grâce à notre méditation profonde journalière, une tranquillité stable se développe toujours davantage, nous serons naturellement attirés par une alimentation plus légère et plus nourrissante.

En outre, en même temps que les changements neurobiologiques associés à une kundalini qui se met à bouger commencent à se produire, nos préférences alimentaires peuvent changer. De plus, certains ajustements dans l'alimentation peuvent aider à gérer une partie des symptômes d'énergie excessive qui peuvent se produire quand nos expériences intérieures avancent. Le processus de la kundalini est fameux pour ses nombreux symptômes, sensations de chaleur ou de froid dans le corps, sensations de démangeaisons sur la peau, déferlement d'émotions, vibrations physiques ou mouvements du corps, visions, vertiges occasionnels ou nausées, etc. Parfois, il peut y avoir des douleurs quand l'énergie intérieure (le prana) bouge dans notre système nerveux à travers des zones où résident des blocages. A la fin, tous ces symptômes cèdent la place à des expériences plus hautes et plus agréables.

Compte tenu du type d'obstructions internes de notre système nerveux et du degré de prudence avec lequel nous avons géré nos pratiques, nous pouvons n'avoir que peu de symptômes inconfortables, seulement une extase et une béatitude qui augmentent progressivement, ce qui peut également constituer un défi en nous distrayant d'une pratique stable. De toute façon, quand la kundalini devient active, cela vaut vraiment la peine de bien connaître les pratiques de yoga et comment les gérer. Pour ceux qui expérimentent un éveil sauvage de la kundalini sans la connaissance de toutes ses implications, cela peut être une expérience éprouvante, durant parfois des années.

Une fois commencé le processus de la kundalini, il peut être géré en régulant nos pratiques de manière à maintenir un progrès régulier avec suffisamment de confort. Nous nous engageons dans un processus à long terme, conduisant à une condition permanente de silence intérieur durable, de félicité extatique et d'amour divin rayonnant naturellement dans tout ce que nous faisons dans notre vie quotidienne.

La digestion est au centre du processus de la kundalini et de nombre des symptômes associés. Il est donc bien évident que l'alimentation a son rôle à jouer et ce rôle ne sera pas toujours le même selon le point où nous en sommes sur le chemin. Pour mieux le comprendre, examinons ce qui se passe dans le système gastro-intestinal (GI) d'une personne dont la kundalini est active et comment cela se relie à l'alimentation.

Bien que le fonctionnement de la kundalini présente nombre d'aspects, tant physiques que non physiques, nous nous concentrerons sur le physique en essayant d'aller le plus loin possible. Dans cette optique, nous considérerons que l'expérience spirituelle s'élève à partir des processus neurobiologiques qui se produisent dans notre corps. On peut la décrire de façon plus mystique et il n'y aucun mal à cela. Il s'agit toujours du même processus, peu importe comment nous choisissons de le décrire. Quand nous passons en revue les effets de l'alimentation (de même que des shatkarmas et d'amaroli dans les leçons qui vont suivre), pour autant que nous les expérimentions nous-mêmes, s'appuyer sur la biologie peut être une aide. Il y a peu de doute que la science moderne ne s'intéresse de plus près à la neurobiologie de la kundalini dans les années et les décades à venir. C'est la prochaine grande frontière de l'exploration scientifique, les causes et les effets de la transformation spirituelle de l'être humain!

Traditionnellement, la kundalini est vue comme l'éveil de l'immense énergie latente située près de la base de la colonne vertébrale, qui monte par la colonne jusqu'à la tête. Là, une union se produit entre l'énergie qui monte et la tranquillité, l'énergie étant féminine (shakti) et la tranquillité masculine (shiva).

En examinant de façon expérimentale la neurobiologie de la kundalini, il est possible d'ajouter quelques éléments supplémentaires, en accord avec les métaphores que l'on peut trouver dans nombre d'écritures à travers le monde, y compris dans les descriptions plus directes du yoga hindou et du taoïsme chinois.

Quand, grâce à la pratique journalière de la méditation profonde, le silence intérieur est suffisamment présent et quand la respiration et le corps sont inclus dans le processus par le pranayama de la respiration spinale, les asanas, les mudras, les bandhas et les méthodes sexuelles tantriques, trois choses se produisent:

  1. Une expansion vers le haut de l'énergie sexuelle à partir de la région pelvienne dont une partie trouve son chemin dans le système GI.
  2. La rétention naturelle de l'air dans le système GI.
  3. L'interaction de la nourriture avec les essences sexuelles et l'air dans le système GI.

La combinaison naturelle de ces trois éléments dans le système digestif avec l'émergence d'une forme plus élevée de digestion donne naissance à une substance nouvelle émanant du circuit GI, qui se répand dans le corps tout entier. Une grande partie de cette pénétration se produit quand cette substance entre dans le canal spinal et s'élève à travers la cage thoracique vers la tête. La substance hautement pénétrante et parfois intoxicante produite dans le circuit GI a été appelée de bien des façons. Le nom généralement accepté par le yoga est soma. Le mot soma se rapporte également à une plante hallucinogène, ce n'est pas ce dont nous parlons ici.2. Pour le taoïsme, le circuit GI, une fois qu'il fonctionne à son plus haut niveau, est appelé le chaudron, une façon de souligner l'alchimie qui se produit, trois substances ordinaires (les essences sexuelles, l'air et la nourriture) se combinant pour créer une substance extraordinaire qui est la clé du processus de la transformation spirituelle humaine.

Ce processus continue dans la tête, avec d'autres raffinements qui se produisent dans le cerveau ce qui conduit à la sécrétion d'une autre substance à travers les sinus, substance qui descend à travers l'intérieur des conduits du nez dans la gorge et ensuite, à nouveau dans le circuit GI où il rejoint le processus décrit précédemment. Ce recyclage des essences subtiles amène un processus encore plus raffiné dans le circuit GI. La substance qui descend ainsi du cerveau est appelée amrita (nectar) dans la tradition yogique. Elle peut parfois être ressentie comme un doux arôme dans les narines et un goût délicat dans la bouche.

Toute cette expérience de combinaison et de transformation de substances et de recyclage des essences qui en résulte conduit à de grands courants de plaisir extatique à travers le corps et au rayonnement de l'énergie au-delà du corps. C'est pour cette raison qu'on dit parfois de ceux qui avancent dans les pratiques spirituelles qu'ils sont rayonnants. Derrière tout cela il y a une neurobiologie spécifique. En termes yogiques, cette radiation d'énergie extatique du corps tout entier indique l'apparition de la qualité mythique de l'ojas, une manifestation de vitalité grandement augmentée, facilement remarquée par les autres.

Si nous commençons à comprendre qu'un tel processus existe réellement et, encore mieux, si nous commençons à remarquer ces aspects en nous-mêmes du fait des pratiques journalières, alors nous serons capables d'aborder l'alimentation sous un angle entièrement différent. Nous pourrons également voir tout l'intérêt des shatkarmas (techniques de nettoyage) et d'amaroli (urinothérapie). Toutes ces méthodes ont pour but d'améliorer et d'optimiser le processus que nous venons de décrire.

Comme mentionné précédemment un régime alimentaire n'est pas une pratique fondamentale du yoga, mais une aide importante. En prenant ce point de vue, nous constatons que de suivre nos intuitions en matière d'alimentation peut améliorer le processus tout au long de la route qui conduit à l'illumination.

La forme plus élevée de digestion décrite ci-dessus peut générer beaucoup de chaleur dans le circuit GI, rayonnant pour emplir le corps entier. On en parle parfois comme du feu de la kundalini. Quand brûle le feu, cela peut être une bonne chose de manger plus souvent des nourritures plus riches. De cette façon, le feu (l'activité digestive intense) peut être utilisé pour brûler les substances dans notre circuit GI d'une façon plus équilibrée, pour produire davantage de soma, plutôt que de nous brûler de l'intérieur, sensation qu'il est possible d'avoir si nous mangeons trop légèrement quand l'énergie surgit en nous. Il est également possible d'éteindre les feux intérieurs et les déséquilibres de l'énergie interne qui en résultent en appliquant les principes diététiques de l'Aryurveda qui prennent en compte notre constitution physique et les courants de l'énergie interne et la façon dont certaines nourritures peuvent les aggraver ou les pacifier (voir leçon 69).

Pour faire aussi simple que possible, écoutons notre voix intérieure pour ce qui concerne notre alimentation et les autres aspects de notre activité journalière. Quand nous faisons notre méditation profonde journalière, nous pouvons sentir le besoin d'une alimentation plus légère et quand notre kundalini devient active nous pouvons avoir envie de manger tantôt une alimentation plus riche et tantôt une plus légère. Tout dépend de la dynamique de l'énergie en nous et du processus de purification et d'ouverture en cours.

En cheminant sur la route vers l'illumination, nous apprendrons à bien écouter la voix intérieure de notre neurobiologie.

Le gourou est en vous


N.d.T.:
  • 1. Matthieu 6-33
  • 2. Le « Dictionnaire de la sagesse orientale » chez Robert Laffont donne de soma la définition suivante:
    « Boisson enivrante, fabriquée à partir d'une plante grimpante, dont on fait l'offrande aux dieux et que les prêtres brahmanes boivent. Ce breuvage joue un rôle important dans le Rigveda ».
    Yogani fait allusion à la substance subtile produite naturellement par le corps du yogi à la suite des pratiques spirituelles et non à la plante hallucinogène.

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