Leçon 321 - Une enquête sur la fin de la souffrance
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De: Yogani
Date: 2 avril 2009

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Avant d'examiner en quoi consiste la fin de la souffrance, nous devons comprendre de façon pratique ce qu'elle est.

Qu'est-ce que la souffrance?

Souffrir, c'est s'identifier à la douleur. L'identification étant une fonction du mental, c'est lui qui fera apparaître la souffrance non seulement en relation avec la douleur présente, mais également avec la mémoire des peines passées et l'anticipation des peines futures. Pour ceux qui sont habitués à souffrir, une bonne santé et un bien-être physique n'offrent que peu de soulagement, car le mental fournit un apport incessant de blessures passées pour se lamenter et de montagnes de soucis pour des problèmes futurs dont aucun n'existe encore.

Que l'on souffre peu ou beaucoup, n'a pas grande chose à voir avec la santé, les perspectives matérielles et la qualité apparente de la vie, du fait que la souffrance provient d'une identification enracinée profondément dans le mental.

Ceux qui semblent tout avoir peuvent souffrir davantage que ceux qui semblent n'avoir pas grand-chose. L'identification avec la richesse matérielle et les accomplissements de ce monde (fortune et réputation) peut conduire aux souffrances les plus terribles, le rêve d'une vie qui tourne au cauchemar. Pourquoi? Parce que, dans ce cas nous avons accroché notre wagon aux choses temporaires de la vie. Aussi glorieuses qu'elles puissent paraître, elles ne dureront pas. Nous faisons cette erreur en nous imaginant être ce que nous percevons. Et, c'est une erreur que nous payons très cher.

La souffrance en elle-même est douleur, mais il y a une différence entre cette douleur et celle provoquée par une maladie, une blessure physique ou un événement traumatisant. La douleur de la souffrance imposée par le mental peut être réduite et à la fin éliminée par des méthodes spirituelles alors que la douleur provoquée par des événements en temps réel peut ou non être évitée. Dans tous les cas, si nous sommes capables de laisser aller la souffrance, de laisser aller l'identification avec ce qui nous fait souffrir, les désagréments et les calamités inévitables qui arrivent dans les hauts et les bas de la vie perdront également leur emprise sur nous. Quand nous cessons de nous identifier à notre douleur, la souffrance n'existe plus.

La prochaine fois où nous serons dans la peine, physique ou mentale, et où nous souffrirons, demandons-nous: "qui souffre?".

Si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous découvrirons que c'est notre interprétation de la douleur qui nous amène à nous percevoir en état de souffrance. Si nous portons un jugement de valeur sur notre douleur, bien certainement, nous souffrirons. Nous saurons que nous faisons un jugement de valeur si nous nous demandons, "pourquoi moi?", ou si nous plaçons la faute sur autrui, avons de la colère ou essayons d'obtenir des autres qu'ils partagent notre peine. Dans toutes ces réactions, nous nous identifions à notre peine.

Par contre, si nous voyons notre souffrance telle qu'elle est, sans la colorer d'une façon ou d'une autre, la douleur sera encore là, mais non la souffrance, pas de jugement, pas de lamentations, pas de regrets du passé, pas de drame intérieur en train de se jouer, pas de peur du futur.

Ceux que nous voyons supporter leur peine de cette façon, nous avons tendance à les qualifier de spirituels. Ils semblent être sur un plan de conscience plus élevé et la douleur du moment présent ne provoque pas la réaction mentale que nous qualifions de souffrance. Ce qui ne veut pas dire qu'ils ne réagiront pas à la douleur avec une grimace ou en pleurant.

Que nous nous soyons fracturé un os, que nous ayons perdu un être cher, nous ressentirons la douleur et nous pleurerons. Aller au-delà de la souffrance ne veut pas dire que nous aimons être dans la peine. Cela ne veut pas dire, non plus, que nous ne ferons pas ce qu'il faut pour faire disparaître notre peine et celle des autres. Mais, quoi qu'il arrive, si nous avons lâché prise à notre identification, nous ne garderons aucune cicatrice de la souffrance, pas même dans la minute qui suit. Tout arrive dans l'instant présent, et disparaît...

De nouveau, qui souffre? Nous n'avons pas encore répondu à cette question. Nous avons seulement décrit les mécanismes de base de la souffrance. Quand nous nous identifions à notre douleur et que nous sommes dans la souffrance, qui en fait l'expérience? Est-ce notre conscience de soi attachée au monde extérieur? Notre corps/mental? Notre conscience derrière tout cela? Cela va au cœur de cette enquête et de toute enquête à caractère spirituel concernant le Soi. Plus important, cela va au cœur de la signification du silence intérieur permanent (le témoin), car sans le témoin, il ne peut y avoir d'enquête sur le Soi réellement efficace. Sans le témoin, notre conscience de soi se manifestera en pensées, émotions, dans le corps et dans notre environnement. Nous ne serons pas dans une relation saine avec ce que nous sommes ou avec ce qui se passe dans notre vie. C'est dans cette déconnexion temporaire de la conscience que la souffrance intervient. Est-ce vraiment ce que nous sommes? Seulement si nous restons identifiés à notre perception du monde extérieur en pensant n'être que cela.

D'un autre côté, quand nous réalisons que notre conscience de soi est le silence intérieur permanent (le témoin), cultivé dans la méditation profonde journalière, rien ne peut plus nous toucher. Nous ne pouvons pas souffrir quand nous sommes Cela, peu importe ce que font le corps et le mental. C'est un fait que notre conscience ne souffre pas, même quand elle s'identifie. Elle est seulement conscience, cette part de nous qui a toujours été, qui ne change pas. Seul change le vernis des pensées, des émotions et de la matérialité. Inévitablement, le monde extérieur change. Mais, intérieurement, nous ne changeons jamais? Alors, qui souffre?

La vérité est que personne ne souffre, sinon ceux qui s'identifient à leur souffrance et encore n'est-ce qu'une illusion, une croyance en quelque chose de temporaire, un rêve. Et pourtant, pour celui qui en fait l'expérience, c'est bien réel.

Tout cela semble plutôt idyllique et ne veut plus dire grand-chose quand nous souffrons, identifiés à cette souffrance. Il en va de même de tous ceux qui se débattent avec l'enquête spirituelle sur le Soi sans avoir développé une présence suffisante du témoin. C'est une vraie galère. Nous ne voulons pas être insensibles. Que le témoin soit là, présent ou non, nous aurons de la compassion pour tous ceux qui souffrent. Notre condition humaine nous incite instinctivement à aider ceux qui sont dans le besoin et tout particulièrement ceux qui souffrent.

Les enseignants spirituels agissent comme ils le font, car ils veulent plus que tout aider tous les êtres à aller au-delà de la souffrance dans la paix qui n'a pas de fin et dans la joie qui est là, en nous, toujours présente et disponible.

Une seule condition peut nous sauver de l'identification avec les hauts et les bas de la vie. Une seule condition peut nous sauver des efforts du mental pour créer d'immenses paysages imaginaires d'espace et de temps. Cette condition est le témoin, notre silence intérieur inhérent, cultivé facilement par la méditation profonde journalière. Alors une vraie compréhension devient possible et nous devenons capables d'aller au-delà de la souffrance, nous étonnant d'avoir pu souffrir un jour.

La force du témoin, combinée à la précision d'une approche intelligente de la recherche du Soi est tout à la fois un paradoxe et un mystère. Et pourtant, ce témoin est bien plus réel que tout ce que nous voyons dans notre monde extérieur de pensées, d'émotions et de perceptions du corps et de ce qui nous entoure. Le témoin et sa relation avec l'enquête sur le Soi sont bien réels, car ils peuvent faire une différence tangible dans la qualité de notre vie. Et quelle différence!

Dans les leçons à venir, nous allons approfondir les techniques de l'enquête sur le Soi, particulièrement en relation avec le silence intérieur permanent, le témoin, cultivé au préalable par la méditation profonde (voir la leçon 13). Nous verrons qu'il y a une grande différence entre pratiquer l'enquête sur le Soi avec le témoin (enquête relationnelle) et pratiquer sans le témoin (enquête non relationnelle). Comme pour tout dans l'enseignement AYP, notre approche sera pratique avec un minimum de termes obscurs.

Quelquefois, la recherche du Soi, même professée par de grands enseignants n'est qu'un coup d'épée dans l'eau ou même pire. Nous explorerons pourquoi cela arrive et comment cela peut être résolu afin de pouvoir bénéficier de toutes les approches qu'on les appelle jnana, advaita, non-dualité, vacuité, pleine conscience, etc. Avec une approche intelligente, le mystère se dissipera peu à peu et nous deviendrons un avec le mystère lui-même. Nous le saurons en vivant la joie intérieure qui monte, une vie lumineuse sans souffrance, même quand il nous arrive de ressentir la douleur. La libération de la souffrance est notre destinée à tous.

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