Leçon 209 - Inscrire les pratiques journalières dans un emploi du temps chargé
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De: Yogani
Date: Lundi 14 juin 2004

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Quel que soit le système de pratiques spirituelles que nous suivions, il est probable que nous ayons entendu dire, ou compris par nous-même, qu'une pratique quotidienne est la clé du succès. Le voyage de la transformation spirituelle prend du temps et les changements intérieurs qui nous conduisent à l'illumination nécessitent d'être cultivés tous les jours. Les pratiques spirituelles quotidiennes sont tout aussi nécessaires lorsque nous avons déjà un élan spirituel, c'est à dire lorsque nous avons développé jusqu'à un certain point une ouverture intérieure dynamique, grâce à des pratiques antérieures ou à un "éveil spontané". Si nous comptons uniquement sur les énergies qui circulent en nous de manière spontanée, nous risquons des déséquilibres qui rendront notre voyage de retour vers la félicité extatique sans fin et l'amour divin considérablement moins confortable et potentiellement plus long que nécessaire.

Quelle que soit notre approche ou notre niveau de réalisation, atteindre notre destination de manière fiable dépend de la mise en place d'une pratique spirituelle quotidienne stable. Nous avons insisté sur ce point dans les premières instructions sur la méditation profonde, et nous l'avons souvent rappelé depuis.

Dans les leçons sur la méditation et la respiration spinale, nous avons fait des suggestions sur la façon dont on peut intégrer ces pratiques dans un emploi du temps déjà bien rempli. Où que nous soyons, nous pouvons fermer les yeux et méditer, dans les trains, les avions, les salles d'attente, à peu près partout. Il en est de même avec la respiration spinale. En fait, une respiration spinale légère peut être faite les yeux ouverts en voiture au retour du travail, sans cesser d'être attentif à la conduite. De sorte qu'une fois arrivé à la maison, nous pouvons nous mettre immédiatement à la méditation. Ce n'est pas une pratique idéale, mais nous pouvons la faire si nous n'avons guère de temps une fois de retour à la maison. Si nous sommes prêts à faire preuve de flexibilité et de compromis de temps en temps en ce qui concerne nos pratiques, nous pourrons conserver l'habitude de pratiquer même dans les circonstances les plus défavorables. Ceci est très précieux en assurant la continuité sur le long terme de nos pratiques, continuité qui est la clé de l'illumination.

Nous ne vivons pas dans un monde idéal. Même avec les meilleurs plans pour une pratique régulière dans notre pièce de méditation, tout peut se retrouver remis en question par une urgence familiale où d'autres événements imprévus. Cela veut-il dire que notre pratique quotidienne doive être remise en question également? Pas si nous avons une stratégie de remplacement. C'est ce dont nous allons parler dans cette leçon, comment continuer nos pratiques quoi qu'il advienne. Lorsque notre pratique du yoga devient plus sophistiquée avec davantage de techniques, réussir à l'inclure dans un emploi du temps chargé présente à la fois un défi et des opportunités. Avec autant d'éléments, nous pouvons être tout à fait créatifs dans notre manière de compresser notre pratique lorsque nous manquons de temps. Quand on veut, on peut!

Voyons les bases pour établir et garder l'habitude de faire tous les jours les pratiques spirituelles. Une des façons les plus faciles est de prendre pour règle de faire notre routine deux fois par jour avant le petit déjeuner et avant le dîner. Si l'heure de l'un des deux repas, ou des deux, n'est pas régulière, nous pouvons décider de pratiquer le matin au réveil et le soir dès notre retour à la maison Si nous voyageons, cela devient un peu plus compliqué, mais les pratiques peuvent être faites dans une certaine mesure dans presque toutes les circonstances aussi longtemps que nous honorons notre routine.

Maintenir notre habitude ne veut pas uniquement dire faire une série complète de pratiques. Ce n'est pas "tout ou rien". L'habitude est un besoin que nous inscrivons en nous de faire quelque chose qui relève de notre pratique spirituelle deux fois par jour au moment choisi. Avoir l'habitude c'est avoir le "désir irrésistible» de pratiquer. Ce désir que l'on cultive est la graine de toute pratique quotidienne. C'est comme d'avoir faim à l'heure des repas. Nous avons faim et nous voulons manger. Si notre désir de pratique est cultivé de la sorte, alors nous pratiquerons. La plupart du temps nous ferons notre série de pratiques complète. D'autres jours nous ferons peut-être un peu moins. Mais nous ferons toujours quelque chose à chaque session. Ce "faire quelque chose à chaque session" est très important.

Pour illustrer ce que nous voulons dire par avoir " l'habitude", imaginons que nous sommes en train de nous hâter dans une rue animée. Nous allons à un dîner d'affaires qui nous retiendra jusqu'à l'heure du coucher. Nous marchons vite, nous frayant un passage au milieu des gens que nous croisons sur le trottoir. Le restaurant est maintenant juste au coin de la rue. Nous y sommes presque. Mais attendez un peu! Nous apercevons un banc, un banc inoccupé à l'arrêt de bus sur le trottoir au milieu de tout ce monde se dépêchant de tout côté. Nous avons ce besoin, ce désir que nous avons nourri en nous, de faire les pratiques. Il est l'heure. Que faisons-nous? Nous nous arrêtons, nous nous asseyons sur ce banc pour quelques minutes et nous méditons. Peut-être seulement deux minutes. Pourquoi pas? A qui ferons-nous défaut pour ces deux minutes? Et nous aurons réussi à conserver notre habitude. C'est incroyable de voir à quel point faire quelque chose d'aussi court peut nous régénérer pour toute une soirée, se recentrer quelques minutes, prendre le mantra quelques fois seulement. Le système nerveux dit "merci!", et nous voilà plus calme pour le reste de la soirée.

Mais la question n'est pas uniquement de se recentrer pendant quelques minutes. Elle est de conserver notre habitude de pratiquer deux fois par jour. Si ce rythme fou se poursuit pendant des jours ou des semaines, et si nous pouvons juste nous asseoir quelques minutes avant le petit déjeuner ou le dîner, lorsque notre rythme se calmera un peu, nous n'aurons pas à lutter pour reprendre notre routine. L'habitude aura été maintenue et nous pourrons la poursuivre avec notre série complète qui, nous le savons, nous remplira à déborder de silence intérieur et d'extase divine.

Donc, c'est cela la première chose, garder l'habitude, même si c'est deux minutes sur le banc d'un abri bus. Peu importe où, peu importe ce qui se passe autour. Nous pouvons maintenir notre habitude si nous sommes motivés. Alors elle ne nous quittera pas parce qu'elle deviendra comme la faim qui vient quand c'est l'heure. Quand nous serons à nouveau libres et disponibles pour pratiquer deux fois par jour notre série complète, nous n'aurons pas à lutter pour retrouver notre envie de pratiquer. Il est vraisemblable que les compromis que nous devrons faire ne seront pas aussi extrêmes que de s'asseoir sur le banc d'un abri bus pour disposer de quelques minutes. Voyons cela.

Si nous faisons la respiration spinale et la méditation suivies de quelques minutes de repos, il ne sera pas très difficile d'ajuster notre pratique à un temps limité. Supposons que nous fassions dix minutes de respiration spinale, vingt minutes de méditation et cinq minutes de repos, au total trente cinq minutes. Il se peut qu'un jour nous ne disposions que de quinze minutes. Dans ce cas, nous pouvons faire seulement dix minutes de méditation, nous reposer quelques minutes et nous lever. Nous pouvons aussi placer quelques minutes de respiration spinale au début. Si nous savons que nous serons à court de temps, nous pouvons déjà en marchant faire quelques respirations spinales légères avant même de gagner notre siège. Si nous devons choisir entre la respiration spinale et la méditation, nous choisissons toujours la méditation. Par contre, ce que nous ne faisons jamais c'est de combiner les deux en même temps. Les raisons en ont été exposées, précédemment, dans les leçons.

Supposons que nous fassions de façon modérée un échantillon complet de toutes les pratiques décrites dans ces leçons. Voyons ce que cela donne. Cela représente une séance type. En faisant plus ou moins chacune des pratiques, vous pourrez faire les ajustements nécessaires pour traduire les suggestions qui sont proposées lorsque votre emploi du temps est remis en question. L'idée est de développer des stratégies pour nous permettre de conserver notre routine lorsque nous manquons de temps. Pensez-y à l'avance. "Qu'est-ce que je ferais si je dois réduire ma pratique de moitié?" Il n'y a pas de réponse absolument juste ou fausse. Au-delà de quelques notions de base, maintenir une pratique quand on manque de temps est tout un art. Notre série de pratiques complète est la suivante:

Asanas - 10 min
Respiration spinale - 10 min
Pompe cervicale - 5 min
Bastrika spinal - 5 min
Méditation - 20 min
Samyama - 10 min
Yoni mudra - 5 min
Bastrika ciblé ou au sommet de la tête (optionnel) - 5 min
Repos - 5 min (ou plus)

Ce qui fait environ 75 minutes, une heure et quinze minutes. La durée des pratiques dans cette série n'a rien de sacré. Peut-être faites vous 20 minutes de respiration spinale et pas de samyama. Ou peut-être pas d'asanas. Peut-être pas de bastrika spinal ou ciblé. Quelle que soit la combinaison, elle dépend de vous. Veillez simplement à ne pas sauter la méditation ou le repos. Ces deux pratiques, la pratique du silence intérieur et une transition stable vers l'activité journalière, sont les fondations de tout progrès spirituel. Par ordre d'importance, la respiration spinale vient tout de suite après la méditation et le repos. La respiration spinale, la méditation et le repos à la fin constituent une routine de pratique puissante et complète. Toutes les autres pratiques ont pour but d'augmenter et de consolider ses effets.

Nous utilisons cet "ordre minimum" comme ligne de conduite quand nous commençons à compresser nos pratiques dans un emploi du temps serré.

Supposons que nous fassions cette merveilleuse série de pratiques d'un peu plus d'une heure et que, tout d'un coup, en raison de circonstances indépendantes de notre volonté nous n'ayons que trente minutes pour notre pratique de l'après midi. Si nous n'avons pas prévu de plan de secours, nous aurons tendance à faire l'impasse et à remettre au lendemain. La politique du tout ou rien. Ce n'est pas une bonne stratégie. Non seulement nous perdons le bénéfice d'une pratique réduite avec habilité, mais nous allons aussi diluer notre habitude de pratiquer deux fois par jour. Le besoin de pratiquer nécessite un renforcement biquotidien. Rappelez-vous du banc de l'abri bus. Si cela suffisait pour ne pas perdre l'habitude, alors trente minutes dans une pièce tranquille ne sont elles pas un luxe? Bien sûr que oui. Voici donc quelques suggestions sur ce que l'on peut faire.

Tout d'abord, nous gardons la méditation. C'est toujours notre première priorité. Mais nous aimerions faire aussi quelques unes des autres pratiques. Alors réduisons la méditation à quinze minutes. Nous savons que nous aurons besoin de cinq minutes de repos à la fin pour une transition en douceur avant de reprendre une activité, donc cela fait vingt minutes avec la méditation, ce qui nous laisse encore dix minutes. La respiration spinale vient après dans l'ordre des priorités. Nous pouvons en faire cinq minutes avant de méditer, ce qui nous laisse encore cinq minutes pour faire autre chose. A quelle pratique pouvons-nous consacrer ces cinq dernières minutes?

Tout dépend de notre préférence. Si nous aimons notre samyama, faisons le cinq minutes et laissons les asanas, la pompe cervicale, le bastrika spinal et le yoni mudra pour demain. Ou si nous voulons faire la pompe cervicale et le bastrika spinal, utilisons une astuce. Associons le bastrika spinal et la pompe cervicale pendant trois à cinq minutes, faisons le bastrika spinal en même temps que la pompe cervicale. Ce n'est pas idéal mais procure les effets des deux en même temps. Deux pour le prix d'un. Dans ce scénario, nous laissons de côté le kumbhaka de la pompe cervicale, et nous n'aurons probablement pas le temps de faire yoni mudra non plus. Il est également possible d'inclure la pompe cervicale dans les dernières minutes de la respiration spinale. Vous vous rappelez sans doute que nous l'avions appelée "la pompe cervicale allégée".

De plus, en moins d'une minute, avant de nous asseoir pour nos pratiques, nous pouvons faire quelques étirements "style salutation au soleil" en étirant le dos vers l'arrière, en nous tournant à droite et à gauche puis en touchant nos orteils en nous penchant en avant. On peut aussi faire un peu d'uddiyana et/ou de nauli. Tous les éléments d'une série de postures peuvent ainsi être abordés en une minute environ. C'est loin d'être optimal, mais c'est quelque chose du domaine des asanas que nous pouvons faire avant de nous asseoir.

De cette manière, si nous devons nous contenter de ce temps limité, nous pouvons faire une pratique de trente minutes tout à fait correcte. On peut aussi la faire en moins de temps. Bien sûr, dans ce cas on laisse de côté davantage de pratiques. Mais on peut toujours faire quelque chose, même si ce n'est que de s'asseoir sur le banc d'un abri bus pendant quelques minutes, de prendre le mantra et de plonger dans la conscience de pure félicité.

Il faut dire également que nous n'avons pas à renoncer aux pratiques "parallèles" faites en position assise, siddhasana, mulabandha/asvini, sambhavi, uddiyana/nauli, et kechari. Dans la mesure où nous les pratiquons, elles peuvent toujours être incorporées avec les pratiques assises fondamentales que nous faisons, peut importe la durée dont nous disposons. En fait, on se rendra compte qu'elles s'immiscent dans notre activité quotidienne à mesure que la conductivité extatique s'élève dans notre système nerveux. Quand cela se produira, les mudras et les bandhas seront devenus une partie intégrante de notre fonctionnement neuro- biologique normal, et nous ne les perdrons jamais.

Bien sûr, nous devons faire attention à ne pas faire certaines pratiques à la vue de tous. Faire la pompe cervicale dans une salle d'attente d'aéroport remplie de monde fait courir le risque de voir quelqu'un appeler les secours. Ou un exorciste! De même une pratique vigoureuse de bastrika peut engendrer une réaction similaire. Mais la plupart des pratiques peuvent être faites discrètement. C'est certainement le cas de la respiration spinale, de la méditation, de samyama, de mulabandha, d'une forme discrète d'uddiyana/nauli et de kechari. Sambhavi ne se remarque pas s'il est pratiqué avec les yeux bien fermés, ce qui de toute façon est recommandé. Même siddhasana peut se faire discrètement dans un lieu public si on enlève une chaussure et que l'on glisse un pied sous le périnée. Parfois le lieu où nous nous trouvons déterminera les pratiques que nous ferons. Comme le dit ce vieux dicton, "prudence est mère de sureté".

Il y a de nombreuses façons d'assembler les pratiques si nous ne disposons que de peu de temps, ou si nous nous trouvons dans un endroit peu propice. Après la respiration spinale, la méditation et le repos final, le reste dépend de notre préférence. Réfléchissez-y. Quand le besoin se présentera, nous pourrons trouver de nombreuses façons créatives et intéressantes de continuer nos pratiques. Avec notre bhakti nous trouverons une solution.

Dans ce monde agité et affairé, nous nous trouverons tous confrontés au défi d'un temps limité pour notre pratique. En continuant notre yoga, notre soif spirituelle (notre bhakti) deviendra plus forte et nous trouverons les moyens pour garder disponible le temps nécessaire. Même ainsi il se présentera occasionnellement des circonstances qui limiteront le temps dont nous disposons. Il est donc sage de développer une attitude de flexibilité et de désir de s'adapter quand ce sera nécessaire pour être sûr de toujours honorer notre habitude de pratiquer deux fois par jour. Si nous agissons ainsi, il n'y a pas grand-chose au monde qui puisse nous empêcher d'atteindre notre destination divine.

Le gourou est en vous.

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