Leçon 248 - Culture, samadhi et neige
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De: Yogani
Date: Mercredi 12 janvier 2005

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Q: A première vue il semble qu'AYP soit une pratique très simple pour atteindre le but de l'existence. Je me demande donc, pourquoi les voyants de l'Inde l'embourbent dans tant de pratiques ésotériques, de procédures tantriques, de yantras, de rituels etc.

D'autre part, j'ai lu le « Raja Yoga » de Swami Vivekananda dans lequel il cite Patanjali pour mentionner de nombreux niveaux de samadhi et parle de Prakritilayas (les sadhakas qui n'atteignent pas le samadhi ultime)

Pouvez-vous jeter quelque lumière sur ces deux questions.

R: Tres bonnes questions. Merci.

Je pense que tout ce qui a été rajouté vient de facteurs culturels et de la propension de l'humanité à créer des institutions. Non pas que cela soit une mauvaise chose. Cela demande simplement une vision supplémentaire pour séparer ce qui fera une différence dans la pratique et ce qui n'en fera pas. Tel est le principe d'AYP, s'en tenir aux méthodes les plus simples, les plus puissantes qui font vraiment quelque chose pour promouvoir la transformation spirituelle dans le système nerveux humain. Il est assez évident d'après les échos qui me reviennent de pratiquants du monde entier que nous avons mis le doigt dessus. Je suis très heureux d'avoir une telle compagnie enthousiaste pour ce qui est évident, garder les choses simples et efficaces cela marche!

L'élévation générale de la conscience à travers le monde apporte chaque jour plus de clarté à la situation, nous devons beaucoup au travail des grands sages qui, depuis le siècle dernier sont venus nombreux pour partager les détails pratiques du yoga.

Autre chose que font souvent les institutions est de segmenter la connaissance en morceaux pour s'en attribuer la propriété et ensuite dépenser beaucoup d'énergie pour préserver et protéger cette partie à l'exclusion de tout le reste. Le résultat est une connaissance éparpillée, pétrifiée avec fort peu de chances de s'adapter et de s'intégrer aux temps qui changent.

La Science, de son côté, cherche constamment à adapter et intégrer la connaissance dans les applications pratiques les plus efficaces. Les institutions spirituelles qui se dévouent à cette fin continueront à rivaliser les unes avec les autres, mais cela ne servirait pas leurs meilleurs intérêts de compliquer ou de segmenter la connaissance comme ce fut le cas dans le passé. Je crois que nous commençons une révolution dans le yoga qui obligera les institutions à intégrer la connaissance plutôt qu'à la segmenter. Dans cet âge nouveau, les institutions survivront seulement si elles innovent, pour satisfaire le désir spirituel croissant des gens, en distillant et en optimisant ce qui a déjà été appris, plutôt qu'en compliquant encore davantage et en isolant des fragments de la connaissance yogique. AYP a pour but ce changement important dans les priorités, une des premières salves tirées dans cette révolution pour une nouvelle science du yoga.

En ce qui concerne les niveaux de samadhi, savez-vous que les esquimaux ont beaucoup de mots différents pour désigner la neige. Pourquoi? Ils en voient tant qu'ils ont été amenés à en identifier les différentes qualités. Ces différents mots pour designer la neige signifient-ils quelque chose pour un habitant d'Hawaï? Sans doute pas, du moins tant qu'un hawaïen n'ira pas vivre quelque temps avec les esquimaux. Alors ces différentes désignations pour la neige commenceront à faire sens. Il en est de même du samadhi. Quand il devient l'expérience commune, alors la conversation sur les différents niveaux de samadhi commence à faire sens. Jusque là étudier tout cela n'est qu'un exercice académique. Cela peut-il aider à l'illumination? Pas vraiment. Peut-être pour motiver à pratiquer. C'est le seul intérêt de la connaissance intellectuelle, inspirer l'action.

Ayant dit cela, il y a certaines traditions qui se basent sur le niveau de samadhi que l'on est en train d'expérimenter pour décider du genre de méditation à faire. Pour ces approches, c'est très important et cela doit être respecté. Avec AYP nous utilisons un seul type de méditation qui couvre tout l'éventail du mental depuis la surface jusqu'aux profondeurs du silence, de sorte que toutes ces catégories de samadhi ne sont pas nécessaires à une pratique efficace. Elles sont « sous le capot » pendant que nous conduisons la voiture de notre système nerveux avec le contrôle facile à utiliser de la méditation. Il en est de même avec les chakras, qui sont également « sous le capot » (voir la leçon #47). Quand nous avons une pratique simple et efficace, s'occuper trop de ce qui se passe à l'intérieur peut être une distraction.

Avec AYP nous évitons de trop nous égarer dans ces chemins de traverse tentateurs, qu'il s'agisse de bavardages intellectuels ou d'expériences fascinantes. Ce qui nous intéresse est d'aller loin dans le silence intérieur pendant la méditation. Ensuite nous cultivons le silence dans sa manifestation dynamique à travers le système nerveux avec le pranayama, le samyama et bien d'autres moyens, jusqu'à voir à la fin notre Soi, notre silence intérieur, comme l'essence de toutes choses. Alors nous voyons tous les niveaux d'expérience comme des manifestations du silence intérieur. A ce moment là nous serons capables de comprendre tout ces mots désignant le samadhi, et probablement quelques autres qui nous seront propres, car alors nous le vivrons chaque jour. Il vaut bien mieux cultiver notre système nerveux pour vivre en samadhi que de trop intellectualiser à son propos. Telle est l'approche d'AYP.

Prakritilayas concerne les yogis/yoginis qui ont été distraits par les expériences et n'ont pas terminé leur voyage dans cette vie, de sorte qu'il continue ailleurs1. Le fruit du yoga n'est pas perdu. Cela est montré de façon évidente par tous les différents niveaux de réalisation spirituelle (ou par leur absence) avec lesquels les gens naissent. L'important est de faire aujourd'hui ce que nous pouvons pour avancer sur notre propre route vers l'illumination. Peu importe quand nous arriverons, que ce soit dans cette vie, ou quelque part plus loin sur la route. Tout ce que nous savons est que nous pouvons faire beaucoup ici et maintenant pour progresser. Et cela doit être fait de manière à être agréable. Le voyage peut et doit avoir la saveur de sa destination, la paix pénétrante et la montée de la félicité extatique. Pourquoi s'en soucier si tel n'était pas le cas?

Le gourou est en vous


N.d.T.:
  • 1. Bhagavad-Gîtâ - chapitre 6, versets 37 à 44.

    « Arjuna dit:
    37- Celui qui entreprend le yoga avec foi, mais ne peut se dominer, son mental errant hors du yoga, qui ne parvient pas à atteindre la perfection dans le yoga, quelle est sa fin, O Krishna?
    Le Bienheureux Seigneur dit:
    40 - ô fils de Prithâ, ni dans cette vie ni par delà cette vie il ne sera pour lui de destruction; quiconque pratique le bien, ô bien-aimé, ne viendra jamais à mal.
    41- Parvenu au monde du juste et l'ayant habité des années immémoriales, celui qui tomba du yoga renaîtra dans une maison de purs et de glorieux.
    43 - Là il recouvre l'état mental d'union (avec le divin) qu'il avait réalisé dans sa vie précédente; avec quoi de nouveau il s'efforce vers la perfection, ô joie des Kurus »

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