Leçon 126 - Q&R - La relation entre pratyahara, l'intellect et la bhakti
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De: Yogani
Date: Lundi 23 février 2004

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Q: Philon d'Alexandrie a écrit à propos du retrait des sens en Egypte au premier siècle. Ses commentaires me paraissent intéressant du point de vue historique principalement, car ils montrent que non seulement les indiens, mais aussi les pratiquants égyptiens s'y intéressaient. Ses remarques ne sont pas claires pour moi, mais il semble suggérer que l'on devrait porter une attention délicate aux sens, ensuite se retirer d'eux de façon à résider entièrement dans la nature intellectuelle. Ces mystiques pensaient que l'esprit avait une origine divine et était par conséquent le point de contact entre le mystique et ce qu'il peut y avoir de divin dans l'univers.

R: Oui, l'esprit est le point de connexion principal avec le divin, comme nous pouvons tous en faire l'expérience quand nous méditons. Donc les choses n'ont pas changé depuis les temps anciens dans ce domaine. Cependant, la façon dont l'esprit nous relie au divin n'est pas à travers l'intellect. C'est à travers sa capacité à devenir immobile, silencieux. C'est le grand secret de la connexion divine de l'esprit. Comme il est écrit dans l'ancien testament de la Bible, "soit silencieux, immobile, et sache que je suis Dieu".

Comme vous le savez, j'ai une approche différente de pratyahara par rapport à sa définition commune qui est "le retrait des sens". Je pense qu'il s'agit d'une simplification excessive qui peut être interprétée comme une sorte de mortification, et je ne suis pas partisan de cela. En réalité, nous recherchons moins les plaisirs des sens quand notre sensualité s'étend aux royaumes divins qui sont encore plus agréables. A la fin, nos sens physiques se rattrapent au fur et à mesure que notre expérience divine intérieure ressort pour être vécue dans la vie de tous les jours. Je ne pense pas que ce processus ait grand-chose à voir avec l'intellect, si ce n'est que c'est par l'intellect que nous choisissons de faire le voyage des pratiques de yoga.

Un grand sage indien, Ramana Maharishi, disait que l'intellect n'a qu'une seule raison d'être qui soit utile, c'est de poser sans cesse la question "qui suis-je?". Aussi curieux que cela puisse paraître, bien que Ramana soit considéré comme un jnani (quelqu'un ayant atteint l'illumination par l'intellect) de très haut niveau, sa question perpétuelle, "qui suis-je?" est une pure forme de bhakti. Si quelqu'un s'intéresse seulement à trouver la réponse à cette question, la vie devient pure bhakti/désir de la vérité. Donc, si l'intellect est utilisé de la bonne manière, il se fond avec le désir du cœur le plus profond de trouver la vérité divine. C'est ainsi que l'intellect peut nous aider à faire des progrès spirituels.

Si l'intellect n'est pas mené au-delà de la raison, au niveau de la simple recherche du divin ("Qui suis-je?", "N'y a-t-il pas plus que ça?"), alors il n'est guère plus qu'une machine qui a tendance à construire de nombreux châteaux en Espagne. L'intellect peut être très séduisant comme cela. L'intellect peut être canalisé de façon utile depuis notre silence intérieur. Lorsque c'est le cas, il se fond avec la bhakti.

Le gourou est en vous.

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