Leçon 335 - Le rôle du désir dans l'enquête sur le Soi
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De: Yogani
Date: 28 mai 2009

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Quel que soit notre chemin spirituel, c'est dans notre désir qu'il a son origine et son prolongement. C'est notre soif de vérité et notre volonté d'agir pour étancher cette soif qui est à la racine de tout ce qui va se passer sur notre route.

On a dit que la condition préalable à l'illumination est la fin de tous les désirs. Ce n'est pas entièrement vrai. Sans désir, il ne peut y avoir ni chemin ni pratique d'aucune sorte. Même si nous nions la nécessité de pratiquer pour nous en tenir à une recherche du Soi se suffisant à elle-même, un désir de vérité sera encore nécessaire pour nous faire aller de l'avant dans cette quête.

La relation du désir avec le chemin spirituel est souvent mal comprise, en particulier dans le domaine de l'advaïta-vedanta (la non-dualité). Il est vrai que notre désir des choses éphémères de ce monde diminue quand nous en venons à une réalisation directe de la vérité de ce que nous sommes. Une réduction de ce genre de désir est un effet bien plus qu'une cause, un signe de la réalisation qui monte. Quand nos désirs mondains diminuent, notre désir spirituel augmente d'autant plus. Certains pourraient même parler d'une augmentation exponentielle. Ainsi l'illumination ne concerne pas la fin du désir. Elle implique de le changer de façon naturelle pour une vérité plus haute, jusqu'au moment où tous les désirs sont dissous dans la réalité de l'Un, expérimentée comme une surabondance sans fin d'amour divin. Alors notre désir devient synonyme du désir divin et poursuit ainsi sa route...

Un désir intentionnel de réalisation de la vérité est non seulement utile, il est essentiel. Quand le désir est dirigé vers un idéal élevé, que nous avons choisi et entretenu, on l'appelle dévotion. Dans le langage du yoga, on l'appelle bhakti. Nous pouvons aussi l'appeler un abandon actif, un abandon qui consiste à nous donner à notre idéal le plus élevé à travers nos actions dans la vie quotidienne.

En plus du pouvoir de motivation évident d'une dévotion qui nous pousse à agir sur notre chemin vers la réalisation, il y a un pouvoir inné de transformation dans la dévotion qui stimule directement la purification intérieure et l'ouverture, indépendamment de toute autre action de notre part. Dit autrement, la dévotion seule a le pouvoir de nous ouvrir à la vérité pour autant que l'idéal choisi par notre dévotion aille plus loin que là où nous en sommes aujourd'hui. Cette caractéristique naturelle de la dévotion explique qu'elle soit la pratique spirituelle la plus importante dans toutes les religions du monde. La dévotion à un idéal spirituel élevé (un personnage divin, une icône, une condition ou un concept) est au cœur de tous les progrès spirituels que des méthodes additionnelles soient ou non utilisées. C'est vrai également sur le sentier de la recherche du Soi conduisant à la réalisation directe de la non-dualité, de l'unité.

Bien entendu, dès que nous commençons à intégrer des méthodes additionnelles efficaces avec notre désir spirituel, le rythme de notre transformation vers la réalisation s'accélère. En fait, c'est la dévotion qui nous conduit vers tous les moyens additionnels. Elle augmente l'efficacité de tous les moyens que nous utilisons que ce soit la méditation profonde, l'enquête sur le Soi ou toute autre pratique spirituelle.

Ainsi, même si nous sommes totalement orthodoxes dans notre approche de l'enquête sur le Soi, niant toutes les autres formes de pratique en faveur d'une concentration sans faille sur la non-dualité, nous ne pouvons pas contester que c'est notre désir qui nous porte en avant, désir porté au niveau d'une dévotion sans fin pour notre idéal le plus élevé (bhakti). Dans la tradition intégriste de l'advaïta vedanta, les mots "désir", "dévotion" et "bhakti" font rarement partie du langage courant. A la place, les qualités d'"intégrité" sans faille, d' "engagement", de "fidélité", de "sérieux" etc., sont utilisées pour décrire les constituants essentiels du chemin. Cela revient au même. Sans ces éléments, la recherche du Soi est creuse. Heureusement, avoir ce feu dans le cœur indispensable est un aspect de l'émergence du témoin et la raison de notre insistance sur une enquête sur le Soi relationnelle (voir la leçon 325). La présence du témoin en permanence apporte avec elle tout ce qui est nécessaire à une enquête efficace y compris un courant toujours plus fort de désir spirituel.

Quelque chose nous conduit à la liberté ultime de la réalisation de notre nature non duelle. Ce quelque chose est le désir, porté au niveau de la dévotion (de la bhakti). C'est le pouvoir unifiant de l'amour divin émanant de notre tranquillité, nous conduisant à toutes les actions qui révèlent la vérité vivante en nous.

Dans les leçons à venir nous examinerons plus en détail comment la bhakti nourrit nos actions sur le chemin et notre évolution spirituelle.

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