Leçon 411 - En faire moins, c'est en faire plus
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De: Yogani
Date: 9 juin 2010

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Le chemin spirituel est plein de contradictions et de paradoxes. Un enseignant peut nous dire de pratiquer, alors qu'un autre nous dit que les pratiques ne sont pas nécessaires. "Soyez simplement" nous dit-on. Parfois on entend ces instructions contradictoires du même enseignant, en fonction de là où nous nous trouvons sur notre chemin.

Quelle est donc la vérité? La vérité est que le chemin et sa destination, dans une large mesure, ne font pas partie du domaine de la pensée rationnelle et qu'en même temps ils sont la source de toute joie et de la libération de la souffrance dans ce monde.

Nous trouverons tous un chemin par nos propres moyens pour nous élever vers l'expérience humaine ultime, qui peut être décrite comme félicité extatique, vide conscient (vacuité), unité avec toute chose, ou tout cela en même temps. Le mental ne peut pas l'appréhender, de sorte que cela reste souvent une énigme. Cependant, les expériences sont suffisamment réelles et notre désir de vérité nous aiguillonne. C'est le désir de quelque chose de plus que ce que nous connaissons dans tous les aspects de la vie, et c'est également le pont entre notre vie actuelle et la vie que nous en viendrons à connaître à travers les ouvertures spirituelles en cours. Il y a là aussi un paradoxe. Le désir et l'attachement ont été appelés les poisons de la vie spirituelle, et en même temps la voie royale vers le salut: "Cherchez et vous trouverez. Frappez et l'on vous ouvrira."

Tout le voyage consiste à agir sans agir, à cultiver la tranquillité en action. Cela nous amène directement à un autre paradoxe dont nous avons souvent parlé: "En faire moins, c'est en faire plus".

Bien que cette expression puisse sembler mystique, il existe des raisons tangibles à cette apparente dichotomie. Elle a un aspect pratique.

Par exemple, que faisons-nous lorsque nous nous asseyons et pratiquons le pranayama de la respiration spinale et la méditation profonde? Dans les deux cas, nous affinons notre attention dans le système nerveux, de façon de plus en plus subtile, cultivant la purification, l'ouverture et une expansion intérieure permanente, ce qui rejaillit à la fin dans notre vie quotidienne. En nous allégeant systématiquement, nous amenons un plus dans notre vie, plus de paix, plus d'énergie, plus de créativité, plus d'amour, etc. C'est la démonstration la plus élémentaire du moins qui devient plus. C'est ce que nous voyons se manifester dans la vie de tous les jours et s'exprimer dans toutes les traditions du monde. On sait depuis longtemps que transcender la vie extérieure pour se relier au grand réservoir intérieur est la source du vrai bonheur, que ce soit dans un contexte religieux ou non. C'est également le principe derrière tout service. Quand nous donnons, quand nous abandonnons quelque chose de nous-mêmes, le flot en retour est multiplié. Moins devient plus.

Lorsque nous avons abordé les principes et la mise en œuvre d'une bonne gestion des pratiques (self-pacing), nous avons souvent parlé d'appliquer le principe: "En faire moins, c'est en faire plus". Cela concerne tous les niveaux de la pratique, débutant, intermédiaire et avancé. En apprenant à gérer nos pratiques (self-pacing) nous en profitons d'autant plus. Gérer les pratiques en privilégiant l'équilibre donne les meilleurs résultats. Si nous pratiquons de façon excessive avec une purification et une ouverture trop rapides, nous aurons moins de résultats alors que nous en faisons plus. Dans ce cas, en faire plus, c'est en faire moins. Des surcharges peuvent retarder considérablement la pratique journalière, un parcours régulier évitant de tels épisodes est donc le chemin le plus sûr.

Plus tard, lorsque nous aurons expérimenté un éveil de la conductivité extatique (kundalini), nous percevrons qu'une impulsion autonome se met en mouvement dans notre système nerveux. Tout en continuant à bénéficier grandement de nos pratiques quotidiennes, nous pouvons découvrir qu'il nous faut moins de temps de pratique ou d'intensité pour obtenir le même niveau de purification et d'ouverture que par le passé. Quand notre élan spirituel intérieur se suffit largement à lui-même, nous appelons cet effet le "volant d'inertie ". Cela ne signifie pas que nous en avons fini avec les pratiques, mais que nous sommes davantage sur le "fil du rasoir" pour continuer à progresser confortablement. C'est alors que nous devons user du self-pacing avec encore plus de discernement, en vérifiant l'adage "moins est synonyme de plus" dans notre vie quotidienne. Lorsque nous dérapons dans des pratiques excessives ou dans notre conduite, nous nous en rendons compte immédiatement. La modération devient donc le mot d'ordre en toutes choses pour le yogi/la yogini avancé(e).

En même temps, le flux venu de l'intérieur augmente et notre influence s'accroît en proportion, même si nous semblons en faire moins. Nous avons appelé cela "l'effusion de l'amour divin". Nous n'avons pas vraiment à nous en occuper. Nous nous contentons d'agir naturellement et la vie continue. Avec le temps, nous pourrions avoir l'impression de ne rien faire du tout, même lorsque tout arrive. C'est le moins se changeant en plus. Au final, le rien devient tout, la tranquillité en action, le principe sous-jacent à toute existence. Nous sommes Cela. Et nous voilà de retour au début de la discussion. Le chemin revient à cultiver le paradoxe dans notre vie ordinaire, avec de nombreuses étapes pratiques en cours de route. En son sein, nous découvrons la chose la plus pratique au monde: le bonheur sans fin.

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