Leçon 407 - Pranayama pour la relaxation ou pour l'éveil de la kundalini?
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De: Yogani
Date: 1er juin 2010

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Q: Je suis un peu perplexe au sujet du pranayama, en particulier en ce qui concerne la rétention du souffle dans son rapport à l'éveil de la kundalini. Dans certains cas, le pranayama et la rétention du souffle peuvent provoquer l'éveil de la kundalini, ainsi que des symptômes excessifs, un inconfort, etc. Dans d'autres cas, le pranayama et la rétention du souffle peuvent servir à la relaxation, à la diminution des tensions, etc. Le pranayama est-il une technique de relaxation ou d'éveil de la kundalini?

R: Il est les deux. Tout dépend des circonstances.

On doit faire la distinction entre les pratiques respiratoires (y compris la rétention du souffle – kumbhaka) pratiquées sans méditation profonde, et celles pratiquées en même temps que la méditation profonde, permettant avec le temps d'améliorer les résultats grâce à une pratique quotidienne régulière. Cette distinction explique que, pratiquées isolément, ces techniques respiratoires (avec ou sans rétention du souffle) ont des effets relaxants, alors qu'utilisées dans une routine incluant la méditation profonde, elles provoquent de puissants effets d'éveil de la kundalini. Cela peut également expliquer pourquoi les techniques respiratoires utilisées seules, bien qu'excellentes pour la relaxation, ne conduisent pas à des progrès significatifs sur le plan spirituel.

Comme nous l'avons dit dans les premières leçons (voir leçon 39), le pranayama prépare (ameublit) le terrain, notre système nerveux, pour que la graine du silence intérieur puisse y germer. évidemment, tant le sol cultivé que la graine doivent être présents pour que cela se produise. De même, quand le silence intérieur s'élève suite à la méditation profonde, le terrain du système nerveux devient beaucoup plus poreux (activé). Cela donne naissance à une dynamique où le prana se déplace facilement pour compenser le léger déficit en oxygène dans le système nerveux dû au pranayama (et à la rétention du souffle). Cette dynamique du pranayama, ajoutée à l'utilisation de mudras et bandhas, est au cœur de la culture systématique de la conductivité extatique (kundalini). Lorsque le pranayama et la méditation profonde sont intégrés dans notre pratique régulière, un pranayama excessif (en particulier avec des rétentions du souffle) peut entraîner une surcharge énergétique, venant souvent à retardement, des jours, voire des semaines après que l'on en a trop fait. Un dosage prudent des pratiques est donc nécessaire.

Nombreux sont ceux qui ont vérifié cette relation entre pranayama, méditation, silence intérieur, éveil de la kundalini et développement spirituel général. C'est pour cette raison que nous insistons tellement sur une bonne gestion des pratiques (self-pacing) et qu'en conséquence nous rencontrons relativement peu de crises de kundalini en utilisant le système AYP. Il est important de garder à l'esprit les causes et les effets de ces pratiques puissantes dans notre utilisation individuelle. Nous avons tout à gagner en faisant preuve de cohérence et de prudence dans nos pratiques.

Il faut noter que la rétention du souffle n'aura pas les mêmes effets sur tout le monde, en fonction du niveau de silence intérieur et de sensibilité (la porosité énergétique) innée ou cultivée dans le système nerveux. En conséquence, les pratiques spirituelles autonomes requièrent un équilibre entre les pratiques que nous utilisons et le processus continu de purification et d'ouverture qui se produit dans le système nerveux. L'idée est de favoriser le maximum de progrès avec le minimum d'inconfort. Nombreux sont ceux pour qui cela semble fonctionner.

Avant de développer une pratique spirituelle quotidienne à ce niveau d'intégration et de puissance, le pranayama (avec ou sans rétention du souffle) peut être utilisé comme technique de relaxation. En fait, de nombreux professionnels de la santé proposent à leurs patients des pratiques respiratoires dans ce but, avec de bons résultats. Mais cela n'a rien à voir avec les pratiques avancées de yoga. C'est comme lancer simplement une flèche plutôt que la décocher avec un arc puissant. La flèche en elle-même peut aussi servir de cure-dent ou à toute autre tâche n'impliquant pas l'utilisation d'un arc puissant. Mais nous ne chercherons pas à accomplir de telles tâches en la décochant à l'aide de l'arc. De même, une fois que nous nous serons engagés dans la méditation profonde, la respiration spinale et d'autres techniques spirituelles puissantes, une fois que nous les aurons toutes intégrées dans notre pratique quotidienne, nous découvrirons que notre relation à la respiration change et nous serons obligés d'ajuster notre point de vue sur le pranayama. Nous passerons de la relaxation à la réalisation. Dans ce cas, les formes douces de pranayama, comme la respiration alternée par le nez (sans rétention du souffle) pourront continuer à servir à la relaxation. Toutefois nous découvrirons que des formes plus rigoureuses de pranayama ont un effet stimulant bien plus important, dû à l'éveil de la conductivité extatique dans notre système nerveux. Nous le reconnaîtrons quand nous le verrons et nous gérerons notre pratique en conséquence.

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