Leçon 366 - Suggestions pour les méditants peu sensibles
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De: Yogani
Date: 27 octobre 2009

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

La première fois où nous pratiquons la méditation profonde avec un mantra, nous ne savons pas vraiment à quoi nous attendre. Nous avons pu entendre beaucoup de choses: les sensations de silence intérieur profond que certains disent avoir ressenties dès la première session. Et peu de temps après, les expériences d'énergie, les visions, l'extase, l'illumination, tout cela dans les tous premiers jours de pratique! Il est vraisemblable que certaines des histoires que nous entendons ne sont que la réalisation d'anticipations préexistantes, peut-être même des exagérations de ce qui se passe. Ou peut-être pas, qui sait? Dans tous les cas, quoi que les autres puissent attendre ou vivre, cela ne s'applique pas à nous. Notre expérience est nôtre et ne peut se mesurer sur aucune autre échelle que celle de notre propre vie. En d'autres termes, nous ne devons évaluer notre expérience que par rapport à la situation où nous nous trouvions la semaine précédente, le mois précédent ou l'année précédente et non par rapport au vécu de quelqu'un d'autre.

Bien sûr, c'est une bonne chose d'avoir en tête quelques repères nous permettant de mieux évaluer nos pratiques et de savoir ce qui nous attend sur la route (voir la leçon 35). Mais cela n'a pas grand intérêt d'analyser chaque incident de parcours en le comparant à ceux des autres.

Quelquefois des personnes écrivent après quelques jours ou semaines de méditation profonde pour dire qu'il ne se passe apparemment pas grand-chose. Elles s'assoient, répètent le mantra 20 minutes, se reposent, se lèvent et ne trouvent pas leur vie tellement différente de ce qu'elle était avant. Parfois, après quelques mois ou années de pratique de la méditation profonde, certains écrivent la même chose: « il ne se passe rien ».

Qu'allons-nous faire de cela? Pourquoi certains ne remarquent-ils pour ainsi dire aucun changement dans leur vie quotidienne, alors que d'autres sont à peine capables de faire face à tous les changements qui se produisent, alors qu'il s'agit bien de la même méditation profonde, deux fois par jour?

Nous avons étudié cela dans la leçon précédente, en regardant le panorama étendu de la sensibilité à la méditation profonde. Expliquer le pourquoi de toute cette gamme est bien plus difficile que de constater qu'elle existe. C'est indéniable. Ce que nous savons est que la « matrice d'obstructions » dans notre système nerveux joue un rôle crucial sur la manière dont les pratiques nous affectent, aussi bien lorsque nous sommes assis que lorsque nous nous levons pour nous consacrer à nos activités quotidiennes. Un autre mot pour cela est « karma ». Nous n'utilisons pas ce mot dans un sens de résignation. Nous savons que la façon dont le karma va se manifester peut être transformée par les pratiques spirituelles (voir la leçon 344). Un outil de base pour cela est la méditation profonde.

Pour certains d'entre nous qui semblent peu sensibles à la méditation profonde, on pourrait dire que la matrice de leurs obstructions internes est plus dense et plus compacte. Ce que nous voulons dire est qu'il y a peut-être moins d'espace pour que la conscience puisse conduire le mantra dans la tranquillité et qu'il lui faudra donc davantage de temps pour gagner en profondeur. C'est une affirmation toute relative puisque nous sommes tous plus denses et plus compacts aujourd'hui que nous ne le serons dans un mois ou dans un an, pour autant que nous pratiquions la méditation profonde. Le but de la méditation profonde quotidienne est d'ouvrir plus d'espace dans notre matrice d'obstructions. Peu à peu, l'espace augmente et les obstructions, à mesure qu'elles disparaissent, encombrent de moins en moins notre conscience. On peut dire que notre nature toute entière devient moins rigide et plus ouverte. C'est la montée du silence intérieur immuable. Tout d'abord, nous pouvons remarquer que nous sommes un peu plus relaxés dans notre vie quotidienne. Rien de spectaculaire. Pendant un temps, nous pourrions même devenir plus conscients de notre négativité et de nos « mauvaises habitudes », avant que les choses ne se clarifient suffisamment pour que nous fassions d'autres choix. Nous serons alors plus détendus, et à partir de là nous pourrons avancer. Cela peut se passer ainsi.

Il a été dit que le silence intérieur est notre nature essentielle et que les impuretés/obstructions ne font que le masquer à nos yeux. C'est comme des nuages qui cachent le soleil, toujours présent, juste derrière. Lorsque les nuages se dissipent morceau par morceau, le soleil, qui a toujours été là, est visible plus fréquemment et plus clairement. Le moment venu, nous expérimentons directement que le soleil (la conscience de pure félicité) est toujours présent.

Une pratique régulière: la clé des progrès à long terme
Au début de ces leçons, nous avons parlé du désir comme de l'ingrédient essentiel pour entreprendre et poursuivre la méditation profonde et toutes les autres pratiques (voir la leçon 12). Plus tard, nous avons approfondi le rôle du désir dans nos discussions sur la « bhakti », le flot stable de notre désir spirituel vers notre idéal choisi. On l'appelle également «dévotion ». Tout cela pour dire que, débutant ou pratiquant confirmé dans la méditation profonde, c'est notre désir continu qui va nous donner la régularité dans notre pratique quotidienne sur le long terme. La clé n'est donc pas de savoir si notre pratique produit ou non des résultats. La clé est de maintenir une pratique régulière au long cours.

Nous connaissons tous la fable du lièvre et de la tortue. La leçon est: lenteur et régularité pour arriver en tête.

Cela dit, il y a des choses que nous pouvons faire pour optimiser notre progression, nous donner la sensation d'avancer, qui pourraient nous aider à rester motivés à persévérer dans notre pratique deux fois par jour. Si nous nous engageons à faire cela aussi longtemps qu'il sera nécessaire, nous ne pouvons pas échouer. Quelle que soit notre sensibilité à la méditation profonde, chacun doit s'appuyer sur une pratique constante dans la durée pour obtenir les résultats désirés. En cela, le lièvre peut prendre quelques leçons de la tortue.

Les subtilités de la technique de la méditation profonde
Certains d'entre nous peuvent avoir tendance à penser le mantra en surface pendant la méditation profonde, comme, par exemple, en s'appliquant à une prononciation claire et à conserver une forme de répétition fixe. Ce peut également être l'intention de rester sur le mantra, tout en étant vigilant à ne pas laisser d'autres pensées entrer dans le champ de la conscience. Tout cela peut être décrit comme une méditation « maladroite ». C'est normal de traverser ce type de maladresse, le temps de s'installer dans la procédure de la méditation profonde.

Pour ceux d'entre nous qui sont peu sensibles, ce stade préliminaire peut durer plus longtemps, simplement parce que des obstructions internes plus denses amènent le mental à rester plus en surface. Mais ce n'est pas un problème sérieux. Tout le monde en fait l'expérience en apprenant la méditation profonde, et de nouveau quand on ajoute une amélioration du mantra et les autres pratiques de yoga. En développant une compréhension plus claire des subtilités du processus de la méditation profonde, il nous est possible de dépasser ce stade maladroit. Alors nos méditations vont naturellement plus en profondeur et nous pouvons avoir confiance dans l'efficacité de notre pratique.

Examinons les symptômes clés de la maladresse évoquée plus haut, avec des conseils pour les dépasser:

  • Prononciation claire du mantra - Bien que nous soyons enclins à maintenir une prononciation claire du mantra « I AM » (AYAM), la procédure de la méditation profonde facilite le raffinement graduel du mantra pour le rendre très ténu et flou, jusqu'à disparaître dans la tranquillité. Quand nous réalisons être sortis du mantra, nous pouvons le reprendre depuis l'endroit où nous l'avions laissé, qui pouvait être à un niveau très raffiné. Revenir à une prononciation claire n'est pas souhaitable si nous pouvons naturellement reprendre le mantra à un niveau plus raffiné. Quand nous avons le choix entre une prononciation claire ou plus ténue, plus floue, nous favorisons cette dernière.
  • Forme fixe de répétition - Au début, nous pouvons nous sentir obligés de garder une forme fixe de répétition du mantra. Comme nous nous autorisons à raffiner la prononciation du mantra, autorisons-nous à modifier la forme de la répétition, quelle que soit cette forme. Donc, même si nous commençons notre pratique assise avec une forme de répétition relativement régulière, à mesure que le mantra se raffine, cette forme pourra changer et se fondre dans la tranquillité d'une façon qui ne ressemblera plus du tout à une répétition. Une sensation à peine perceptible que le mantra est là, sans aucune forme de répétition. A un certain stade, si nous réalisons que nous en sommes sortis, nous pourrons facilement revenir à cette sensation à peine perceptible du mantra, sans nécessité d'aucune forme particulière de répétition.
  • Tenir les autres pensées à l'écart - Les pensées sont une composante normale de la méditation profonde et nous n'avons pas à nous préoccuper de savoir si elles sont là ou non. Si nous combattons les pensées, si nous essayons d'en faire façon, nous réduisons l'efficacité de notre méditation. Quand les pensées viennent, nous favorisons simplement la pensée du mantra. Qu'il y ait ou non des pensées avec le mantra, n'a pas d'importance. Dans la méditation profonde, nous n'avons pas à nous occuper des pensées. Nous avons seulement à nous occuper de la procédure simple consistant à favoriser le mantra quand nous réalisons l'avoir perdu, à quelque niveau du mental que nous nous trouvions à ce moment.

Ce sont les symptômes clés qui peuvent être présents si nous sentons que nous ne progressons pas comme nous l'aimerions avec la méditation profonde et la façon de les dépasser. Pour plus d'instructions sur la méditation profonde, revoyez la série de recommandations commençant à la leçon 13.

Le point essentiel à saisir dans l'approche de la méditation profonde est qu'il ne s'agit pas de structurer quoi que ce soit dans le mental. C'est tout le contraire. En fait, si nous mettons trop de structure dans la méthode, nous pouvons attraper des maux de tête ou d'autres symptômes de tension, ce que nous appelons « forcer le mantra ». Nous gagnons en méditation profonde en perdant le mantra (encore et encore), pas en nous y accrochant. C'est le secret. Si nous gérons cela dans nos pratiques assises quotidiennes, tout le reste se gérera tout seul en temps voulu.

Si nous sommes enclins à analyser nos pensées ou le processus de la méditation profonde pendant notre séance, la procédure est de considérer cela comme n'importe quelle autre pensée et de revenir doucement au mantra. Il sera bien temps d'analyser votre session une fois qu'elle est terminée. Si l'analyse continue pendant que nous privilégions le mantra, c'est aussi une bonne pratique, tant que nous retournons au mantra chaque fois que nous réalisons en être sortis. Plein de choses peuvent se passer dans le mental lorsque nous méditons. Une bonne méditation n'est pas déterminée par ce qui se passe, elle est déterminée par ce que nous privilégions lorsque nous en avons le choix et c'est le mantra.

Parfois, nous pouvons sentir que nous sommes dans une sorte de rêve éveillé pendant la méditation profonde, sans avoir l'impression d'être allé profondément. Nous sommes en train de penser le mantra et, au bout d'un moment, nous réalisons que depuis un certain temps nous pensons à autre chose. Ou peut-être nous sommes en train de penser le mantra et nous réalisons presque immédiatement que nous pensons autre chose. Dans les deux cas, nous n'avons pas remarqué que le mantra se raffinait, devenant presque imperceptible et flou, ou quelque chose d'approchant. Nous savons seulement que nous étions en train de penser le mantra et, la minute suivante, nous réalisons que nous pensons à autre chose. Sans avoir eu la sensation de « plonger ». C'est aussi de la méditation normale et nous pouvons être confiants que notre pratique est correcte si nous reprenons doucement le mantra à chaque fois que nous réalisons l'avoir quitté. Nous ne sommes pas obligés d'être conscients que le mantra se raffine. Ce n'est pas quelque chose que nous pouvons contrôler. Plus nous contrôlons, moins nous méditons. La purification et l'ouverture surviennent quand nous répétons le processus de reprendre le mantra chaque fois que nous prenons conscience de l'avoir perdu. Les pensées qui arrivent sont associées à la purification et à l'ouverture, nous pouvons donc être contents de les voir et ensuite tranquillement favoriser le mantra, en répétant de nouveau le cycle. A chaque fois que nous réalisons que nous sommes sortis du mantra, cela signifie que le mantra s'est raffiné et a disparu dans la tranquillité, que nous en ayons une expérience claire ou non. C'est une bonne méditation.

A mesure que notre matrice d'obstructions internes se détend avec la pratique biquotidienne de la méditation profonde, nous finissons par remarquer que notre pratique se détend. Il y a moins de maladresse et plus d'espace entre nos pensées. Nous pouvons aussi remarquer que cette détente et cette sensation d'espace s'insinuent dans notre vie de tous les jours. Peut-être, nos proches seront-ils les premiers à le remarquer. Tout vient ensemble. C'est ainsi que nous cultivons le silence intérieur immuable dans la vie.

Il nous suffit de savoir que nous méditons correctement, laissant venir ce qui doit venir dans nos pratiques assises, favorisant sans effort le mantra, quel que soit le niveau où nous nous trouvons à un moment donné. En faisant confiance à notre pratique journalière, aller vite ou lentement n'a plus d'importance. De toute façon, tout cela n'est qu'illusion. Aussi longtemps que nous continuons à marcher, nous atteindrons notre destination, tôt ou tard. Il ne s'agit que de réaliser que notre destination a toujours été là, avec nous.

Ajouter des activités et des pratiques pour aller plus avant
Un des avantages à être « peu sensible » est d'avoir plus de latitude pour adopter des activités et des pratiques spirituelles supplémentaires, en supposant que notre bhakti (désir spirituel) nous y pousse. La présence de la bhakti est déjà à elle seule un indicateur fort que le progrès spirituel est en marche. Si on ne le remarque pas particulièrement, c'est sûrement qu'il se loge sous le vernis de notre matrice d'obstructions. Avec une bhakti se manifestant comme désir et volonté d'agir, la lumière brille déjà au travers, puisque la bhakti est le désir divin rayonnant en nous. Non seulement la bhakti nous fera persévérer dans nos pratiques quotidiennes, mais elle participera directement à détendre nos obstructions internes.

En conséquence, n'importe quelle activité qui favorise notre désir spirituel sera bénéfique. Il y a beaucoup à gagner à participer à des rassemblements spirituels, des groupes de méditation, des retraites etc. Il peut aussi être utile d'aller à des conférences ou des événements avec des enseignants spirituels réputés. De telles activités peuvent nous permettre d'avancer, ce qui se traduira en retour par des ouvertures dans notre vie de tous les jours. Si nous sommes actifs dans notre quête spirituelle tant dans la méditation assise que dans la vie quotidienne, nous trouverons un élan supplémentaire. Comme il est dit dans la Bible: « Celui qui cherche trouve, et l'on ouvre à celui qui frappe.» Continuez donc à frapper à la porte.

Il est aussi suggéré d'adopter les pratiques additionnelles AYP, présentées dans les leçons. Le pranayama de la respiration spinale peut augmenter considérablement la puissance de nos séances de méditation profonde, c'est donc la première addition que nous recommandons. Mais seulement lorsque nous nous sentons stables dans notre méditation profonde. Si nous sommes peu sensibles à la méditation, on pourrait penser que la stabilité n'est pas un problème, mais nous devrions au moins être au clair sur les aspects plus subtils de notre pratique évoqués ci-dessus. Il est sage de s'assurer de bien maitriser une pratique à la fois. La dernière chose dont nous avons besoin est d'une session de méditation maladroite précédée d'une session de pranayama de la respiration spinale maladroite. Donnez donc aux points les plus subtils de la méditation profonde le temps d'être bien compris et prenez confiance en vos pratiques quotidiennes, avant d'adopter le pranayama de la respiration spinale, qui demandera lui aussi du temps pour être intégré. Les subtilités de la respiration spinale dépendent aussi largement de lâcher prise du trop-plein de structures mentales et de laisser la pratique se raffiner d'elle-même. En approfondissant les points plus subtils de la respiration spinale et de la méditation profonde, nous desserrons ces obstructions internes grâce aux effets combinés de deux outils spirituels d'une efficacité redoutable.

A vous de choisir si vous voulez aller plus loin que ces deux pratiques clés. Là encore, cela dépendra de votre bhakti. S'engager dans les asanas, mudras et bandhas, concerne l'aspect énergétique. Vous devez seulement prendre garde à ne pas en faire trop en espérant réaliser une avancée énergétique majeure. Sûrement, nous le pouvons et risquons d'être projetés de l'autre côté de la courbe de sensibilité, en ayant à faire face à un trop-plein d'énergie en mouvement. Cela peut arriver assez soudainement. Assurons-nous donc de gérer notre rythme en nous rappelant que les effets des pratiques ne se font pas toujours sentir de suite. Etre moins sensible ne signifie pas que nous pouvons en faire trop pour finalement être en difficulté. Tenons toujours compte des principes d'une bonne gestion des pratiques proposés dans ces leçons.

Nous avons aussi l'option de pratiquer le samyama, l'enquête sur le Soi et des activités de service. En règle générale, l'émergence d'un peu de silence intérieur est la condition nécessaire à une pratique fructueuse. Il est intéressant de noter que, même si nous ne ressentons pas beaucoup de tranquillité à l'intérieur, le fait que nous soyons fortement motivés à nous engager dans ces pratiques est l'indice que nous avons déjà un minimum de silence intérieur immuable. Si nous sommes enclins à de telles activités, nous pouvons ou non constater que cela se passe bien. Si ce n'est pas le cas, il vaudra mieux faire marche arrière plutôt que de forcer la situation. La suggestion est de faire ce qui vient naturellement.

Des améliorations du mantra sont aussi proposées dans les leçons AYP. Ce sont des syllabes supplémentaires ajoutées au mantra, qui ralentissent le processus de raffinement du mantra, tout en créant un balayage plus large de la matrice d'obstructions dans le mental et le système nerveux. Il est important que nous méditions avec régularité et que nous ayons fait l'expérience des manifestations de raffinement du mantra avant de l'améliorer. Sans quoi, avec ce mantra plus long, nous pourrions avoir la sensation de percuter un mur de brique. C'est le summum de la maladresse. Donc, comme pour les autres pratiques AYP, les améliorations du mantra dépendent d'un certain nombre de conditions préalables pour devenir efficaces. Si nous avons fait un ou deux pas de trop par rapport à nos possibilités, nous le remarquerons bien assez tôt. Ce n'est pas une catastrophe. Nous adaptons simplement notre rythme, en revenant à notre pratique stable précédente, en sachant prendre notre temps.

Comme dit le proverbe: « Petit à petit, l'oiseau fait son nid. »

S'accepter tel qu'on est et être sûr de son éveil
Que nous ayons l'impression d'aller à toute allure ou très lentement dans nos progrès spirituels, le facteur le plus important sera toujours d'accepter ce que nous sommes et ce que nous faisons dans la vie. Si nous savons que nous faisons de notre mieux chaque jour, nous pouvons cesser de nous préoccuper des résultats. Notre bonheur n'est pas conditionné à la survenue ou à l'absence d'une quelconque expérience spirituelle. L'illumination véritable est bien au-delà de toute expérience et pourtant elle réside aussi dans les hauts et les bas de la vie quotidienne.

Il y a quelque chose de sacré chez les gens qui sont solides et clairs sur ce qu'ils font chaque jour. Beaucoup de ceux qui se considèrent comme peu sensibles à la méditation profonde possèdent ce don: le don d'être stable. L'illumination n'est pas définie par ceux qui ne tiennent pas en place sous l'effet de la kundalini et qui en font tout un théâtre que d'autres pourraient envier. C'est de la poudre aux yeux. Pour ceux qui savent, l'énergie n'est, pour sa plus grande part, qu'un spectacle. Ceux qui ne le comprennent pas doivent faire face à de bien plus grandes difficultés que les méditants peu sensibles. Il n'y a pas de plus grand obstacle à l'illumination qu'un mental imbu de lui-même.

Nous cheminons tous sur le chemin à notre façon et à notre rythme. Si nous sommes capables d'accepter notre chemin et de persévérer prudemment, quelles que soient les pratiques que nous ayons choisies, jour après jour, année après année, notre éveil est certain. Vraiment, l'acceptation est un signe de progrès spirituel. Pas une acceptation passive, mais une acceptation active. Nous l'avons aussi appelée un abandon actif.

Si nous sommes perturbés en constatant que nous retombons encore dans nos vieilles habitudes négatives, arrêtons-nous et prenons du recul. Remarquions-nous autant ces mauvaises habitudes auparavant? Se pourrait-il que notre silence intérieur naissant nous donne une vision plus claire de la manière dont nous avons vécu notre vie? Le témoin peut nous apporter la souffrance de nous voir tels que nous sommes. En nous voyant ainsi, nous trouverons la force d'ajuster notre conduite. Nous verrons que nous pouvons transformer nos émotions brutes et douloureuses en bhakti positive. Et nous verrons que nous pouvons enquêter sur nos pensées, nous interroger sur leur vérité avec bien plus de clarté que nous ne l'avions jamais fait. Le fait que nous devenions plus sensibles à notre condition est un signe de l'émergence du silence intérieur et nous n'avons jamais été en meilleure position pour y faire quelque chose.

Si nous méditons deux fois par jour, en étant conscients des subtilités de la pratique, et en mettant à profit la large palette de ressources spirituelles à notre disposition, nous verrons des changements apparaître dans notre vie. Si nous ne remarquons rien encore, les autres auront sûrement perçu des bénéfices. Avec patience et persévérance, nous continuerons d'avancer. C'est pareil pour chacun d'entre nous. Le silence intérieur est partout en train de monter.

Le gourou est en vous.

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