Leçon 357 - Qui est celui qui perçoit?
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De: Yogani
Date: 19 août 2009

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Q: Après avoir médité presque tous les jours depuis un certain temps, je me sens séparé de tout ce qui se passe dans ma vie, la regardant depuis un endroit qui se situerait au-delà. Je suis capable d'interagir sans problème, mais je suis solitaire en observant ce que je fais et ce que font les autres. Je suis donc maintenant intéressé à commencer l'enquête sur le Soi, principalement parce que je veux savoir de quoi il retourne avec ce témoin. Par où dois-je commencer? Ce sentiment de séparation que j'éprouve peut-t-il évoluer vers un état plus unifié?

R: On dirait que vous avez déjà spontanément commencé l'enquête sur le Soi. La montée du témoin immuable va lui permettre de se faire automatiquement et nous pouvons nous baser là-dessus.

Qu'est-ce que le témoin?

Vous êtes dans une position idéale pour enquêter et avancer selon vos inclinations. Vous n'avez besoin que de quelques conseils pour être sur votre chemin.

Le sentiment de séparation que vous éprouvez est temporaire. C'est une étape transitoire qui arrive lorsque le sens de ce que nous sommes cesse d'être dans notre perception du monde pour être en-dehors de notre perception du monde. A mesure que notre perception continue de se raffiner dans l'expansion infinie de notre témoin, nous découvrons que le monde est en nous. C'est un changement à 180°. C'est la plénitude où n'existe plus aucune séparation, l'unité. C'est le voyage depuis le silence intérieur immuable (phase 1), vers le raffinement de la perception (phase 2), pour aller à l'introversion dans l'unité (phase 3).

Nous savons que la première phase dépend avant tout de la méditation profonde. La seconde implique notre éveil extatique et l'introversion de la perception sensorielle, obtenue par le pranayama, les asanas, mudras, bandhas et les techniques tantriques. La troisième phase est le domaine du samyama et de l'enquête sur le Soi, comme nous l'avons exposé récemment dans les leçons. Notre bhakti joue un rôle clé à travers toutes ces étapes.

Dès que le témoin est présent, nous pouvons être enclins au début à l'utiliser pour améliorer concrètement notre qualité de vie. Notre capacité à laisser aller les pensées indésirables et les émotions sera une des premières choses que nous remarquerons. C'est naturel. Quand nos pensées et nos sentiments sont vus comme les objets qu'ils sont et non plus comme des extensions de nous-même, il devient aisé de les laisser aller et de passer à une façon de penser et de ressentir plus satisfaisante, sans les à-coups que nous avons vécus auparavant. Vous avez plus de choix à ce sujet maintenant que vous n'en avez jamais eus par le passé. C'est le pouvoir du témoin et le commencement de l'enquête sur le Soi.

Selon vos inclinations, vous pourriez avoir envie d'aller plus directement dans la nature de ce qui est, ou de ce que c'est, derrière cette « histoire de témoin ». Pour cela, vous allez commencer à faire la distinction entre l'observateur (votre sens du Soi), les mécanismes de la perception (vos processus neurobiologiques) et les objets de la perception projetés dans votre conscience.

Tout ce que nous percevons est une projection dans notre conscience qui vient autant de nos sens que des impressions et des souvenirs emmagasinés dans notre neurobiologie. Tout! Tous nos sentiments et toutes nos pensées sont dérivés de ces sources limitées. Ce n'est pas la réalité du monde que nous voyons, ni la réalité de quoi que ce soit. Tout ce que nous percevons est une construction qui s'opère dans notre neurobiologie. C'est pourquoi les jnanis et advaitins disent que le monde que nous voyons n'est pas réel, qu'il n'existe pas. Ce que nous voyons est un produit de notre neurobiologie, projeté sur l'écran de notre conscience, comme un film.

Notre mental est un conglomérat des pensées qui émergent à cause de toute cette activité intérieure et notre ego-soi est une identification de notre conscience avec ce que nous appelons le corps/mental. Notre ego-soi est une idée, une projection dans le mental qui prend possession de toutes les autres projections. C'est la racine de notre identité personnelle. Plus exactement, c'est « l'identification » de notre conscience avec le film qui passe dans notre neurobiologie. Nous l'appelons « Je ». C'est la « pensée-Je ». Mais qu'est-ce que c'est en réalité?

Dès que le témoin entre en scène, nous commençons à voir tout cela sous une autre lumière. Comme vous l'avez indiqué, maintenant votre Soi est en quelque sorte à l'extérieur du champ de l'activité. Vous avez toujours la pensée-Je, donc la question vient naturellement: « qu'est-ce qui se passe? »

A partir de là, vous pouvez prendre deux chemins d'enquête. Vous pouvez prendre les deux en même temps si c'est votre choix. Vous pouvez commencer par éliminer (laisser tomber/nier) les projections des objets dans votre conscience, les unes après les autres, à mesure qu'elles viennent, sachant qu'elles ne sont que des projections et non la réalité. C'est un processus sans fin, puisque le nombre des objets projetés est infini. Mais cela peut être épanouissant (et même joyeux) pour celui qui a le témoin immuable et fastidieux pour celui qui ne l'a pas. Cela peut être « pas ça, pas ça » toute la journée. Pourtant, nous devons continuer à fonctionner dans le monde. Nous le pouvons, comme vous l'avez noté, tant que nous n'en faisons pas trop en faisant de notre enquête dans la tranquillité une obsession mentale.

Vous pouvez aussi enquêter sur "qui" est celui qui perçoit ce qui se passe. La réponse sera toujours la même. C'est « Je ». Alors, la question émerge: « Qui ou que suis-je? »

Pour autant que le témoin soit présent avec un certain affinement des perceptions (conductivité extatique), ce type d'enquête peut court-circuiter la projection des objets de perception sur l'écran de notre conscience. C'est remarquable d'observer à quel point la question « qui perçoit cela? » peut dissoudre un objet avant qu'il occupe pleinement l'écran de notre conscience. On peut bifurquer immédiatement de la perception d'un objet à celui qui perçoit, en un clin d'œil. C'est une habitude très utile à développer.

Venons en maintenant à la question de celui qui perçoit. Peut-il être la pensée-Je? Non, parce que la pensée-Je est seulement une pensée, un objet projeté par la machinerie du mental sur notre conscience. Un objet ne peut pas être celui qui perçoit. Ce qui est perçu ne peut pas être celui qui perçoit. Il peut seulement le prétendre. Dès que nous nous interrogeons sur « Qui est cette pensée-Je? », elle se dissout dans la tranquillité comme toutes les autres projections de pensées.

Alors, qui est celui qui perçoit? Ce qui n'est ni pensée, ni objet. C'est l'observateur derrière la machinerie de la perception. C'est l'écran sur lequel toutes choses sont projetées. C'est notre conscience originelle, le témoin qui en fait l'expérience, en ce moment même. C'est votre Soi.

En fin de compte, cette réalisation n'est pas un processus logique du mental. Elle ne peut exister sans la présence du témoin. C'est la connaissance expérimentale directe que nous « devenons » consciemment, à mesure que notre sens de ce que nous sommes passe de ce qui est projeté à ce qui est derrière toute projection. Nous somme Cela. La joie éternellement rayonnante!

Le gourou est en vous.

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