Leçon 232 - Q&R - Méditation et yoga automatique (un dialogue)
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De: Yogani
Date: Jeudi 26 août 2004

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Q 1: Aujourd'hui, j'ai enregistré mon expérience de la méditation I AM. Je viens juste de commencer, je n'ai donc pas été plus loin. L'expérience est étonnante. Je garde un journal de ce que j'expérimente. Je copie ici mon expérience. Je voudrais savoir si ce que j'ai éprouvé est « normal ». Merci.

16 août 2004
Deuxième tentative de pratiquer I AM. La première fois j'étais étendue sur le lit. J'ai pratiqué environ vingt minutes et ensuite je me suis endormie. Je n'ai rien remarqué de spectaculaire. Ce n'était probablement pas la meilleure idée de pratiquer au lit, c'était trop relaxant et j'avais sommeil à ce moment.

Avant de commencer j'ai pris du café mais aucune nourriture.

Pour la seconde fois, je me suis assise sur ma chaise de bureau avec les portes closes. Les paumes sur les cuisses. Après quelque temps, j'ai senti, mais seulement brièvement, comme si j'allais flotter hors du sommet de la tête. J'ai senti comme si je flottais. C'est arrivé deux fois.

Ensuite après encore quelque temps, une sensation insurmontable de picotements s'est répandue dans tout mon corps et est devenue de plus en plus forte. J'ai noté qu'en même temps ma respiration changeait. C'était intense comme une vague semblable aux vagues d'extase que l'on peut ressentir à l'approche de l'orgasme. C'était sans aucun doute de nature sexuelle et cette sensation s'est répandue dans tout mon corps et non à un seul endroit.

Quand cela a démarré la première fois cela ressemblait également à la sensation que l'on peut avoir quand on a le trac et la chair de poule. Semblable à une montée d'adrénaline, mais du bon côté. Cette sensation de picotement et d'excitation conduit rapidement aux vagues d'extase décrites ci-dessus.

Après plusieurs manifestations successives c'était comme si je ne pouvais plus en supporter davantage et alors cela s'est ralenti un moment. Ensuite une seconde vague est arrivée comme la première. A mesure que cela continuait je me suis mise à pousser des soupirs et des gémissements et ma respiration est devenue plus bruyante et plus profonde. J'ai eu l'impression de trembler mais je ne suis pas sûre si mon corps tremblait réellement ou si je me l'imaginais.

Après cette seconde vague, j'étais prête et même désireuse d'en finir mais j'étais consciente que j'étais supposée tenir vingt minutes. J'ai regardé ma montre, j'ai vu qu'il restait un peu plus de cinq minutes et j'ai donc continué. Après quelques instants la sensation est revenue comme décrite ci-dessus mais cette fois provoquant davantage de secousses pas aussi douces que les deux premières fois. J'ai senti ces secousses deux fois. Ensuite j'ai mis fin à ma séance ayant pratiqué environ vingt minutes. J'ai fait plusieurs respirations profondes, je suis resté assise et me suis reposée ainsi qu'il est recommandé et ensuite j'ai écrit tout cela afin de ne rien oublier.

R 1: Merci d'avoir écrit pour partager.

Vous prenez un très bon départ, trouvant tout de suite la différence entre méditer couché ou assis! Gardez à l'esprit que votre expérience va varier avec le temps, parfois très profonde, parfois avec beaucoup d'énergies (même sexuelles, vous lirez davantage sur ce sujet dans les dernières leçons) à d'autres moments ennuyeuse et parfois plutôt agitée. Toutes les expériences sont valables aussi longtemps que nous privilégions la procédure facile de la méditation. Ce qui est important est la pratique journalière sur le long terme. C'est cela qui purifie et ouvre notre système nerveux. Voyez la leçon #180 pour une réponse à une personne connaissant, comme vous, un départ mouvementé.

Nos expériences pendant les pratiques résultent avant tout de la purification de notre système nerveux et varieront considérablement. Même les expériences extatiques sont en grande partie une purification. La purification dépend de la façon dont les impressions des actions passées se sont empilées en nous. Il est impossible d'en tenir la comptabilité, tout ce que nous avons à faire est de suivre notre routine de pratique, la purification et l'ouverture arrivent. En conséquence, ne vous attachez pas trop aux expériences qui se produisent pendant la méditation. La pratique est correcte si nous suivons notre routine sans tenir compte des expériences survenant pendant que nous sommes assis. Bien sûr nous aimons tous les expériences de félicité et d'extase. Appréciez les quand elles se produisent mais souvenez vous que les manifestations sont des symptômes et non pas la pratique proprement dite. Nous ne voulons pas être distraits de notre pratique par les expériences qui surviennent. Quand elles surviennent nous en prenons bonne note et retournons à la pratique que nous sommes en train de faire. C'est ainsi que nous continuons à avancer vers l'illumination. A mesure que vous avancerez dans votre lecture vous rencontrerez de nombreuses leçons abordant cette question sous des angles variés.

Q 2: Merci. Je suis soulagée en quelque sorte de savoir que je n'ai pas nécessairement à répéter cette expérience. Autrement si rien ne s'était produit la fois suivante j'aurais pu penser faire quelque chose de faux.

Je viens de lire les leçons #39 & #41 sur le pranayama que je n'ai pas encore essayé. Ce matin-la, j'avais fait quelques respirations profondes avant de commencer ma méditation I AM. Peut-être est-ce pour cela que mon expérience a été si spectaculaire.

Je suis un autre cours qui donne le son OOMM à chanter. Je ne l'ai pas fait dernièrement mais j'envisage de redémarrer. J'ai vu dans l'une des Q&R que vous expliquiez la différence entre « I AM » et « OMM », ce dernier étant circulaire. Je me demande si je devrais attendre un peu après la méditation pour chanter OMMM.

J'ai plusieurs questions:

Quand dois-je essayer la respiration spinale? Doit-on faire la méditation I AM pendant un certain nombre de jours avant de pouvoir commencer le pranayama? Est-il conseillé d'utiliser un minuteur afin de savoir quand mes vingt minutes sont terminées? Est-il nécessaire de pratiquer deux fois par jour pour atteindre un résultat optimum? Expliquez-vous quelque part dans les Q&R pourquoi il vaudrait mieux s'assoir en lotus plutôt que sur une chaise?

Je suis vraiment surprise de la puissance de cette technique de méditation. Je ne peux toujours pas le croire. Je me suis toujours posé des questions sur le sens de l'affirmation « Je suis » dans la Bible. Maintenant je suis encore plus curieuse et je vais rechercher tous les endroits ou elle est référencée1.

Mon mari va essayer de pratiquer assis. Jusqu'à maintenant il a seulement essayé couché, il me tarde de connaître son avis. Je ne lui ai pas parlé de mon expérience pour ne pas l'influencer.

R 2: Etant donné que vous venez tout juste de commencer et que déjà il se passe beaucoup de choses, il serait sage de stabiliser votre pratique de méditation pendant au moins quelques semaines avant d'ajouter le pranayama. Alors vous aurez une bonne plateforme à partir de laquelle progresser. En lisant les leçons vous apprendrez l'importance de bien gérer sa pratique (self-pacing) qui est essentielle pour le succès dans son yoga. Vous avez déjà vu la première leçon sur ce sujet (#38) « Où en êtes-vous? ».C'est un sujet très important, plus important que n'importe quelle pratique prise individuellement. Sans un conducteur habile la voiture n'atteindra sans doute pas sa destination.

Le principe de bien gérer sa pratique s'applique également si vous ajoutez d'autres pratiques à celles de l'AYP, ce qui est risqué au début du fait que les effets d'une telle combinaison sont imprévisibles. C'est vous la responsable de votre voyage. Il faut une approche équilibrée en stabilisant toujours ce qui est acquis avant d'aller plus loin. Chaque personne est différente. Stabiliser peut prendre des semaines ou des mois. Dans certains cas (comme avec les améliorations du mantra et les méthodes de pranayama-kumbhaka données plus tard dans les leçons) cela peut prendre des années. Quelques jours ne feront pas l'affaire. Même les experts en yoga doivent gérer leurs pratiques avec prudence pour faire face aux nombreuses expériences qui surviennent à mesure que le système nerveux passe à travers différentes étapes de purification. Etanchez votre soif de connaissance en continuant vos lectures mais construisez votre routine très graduellement de manière à rester régulière dans vos pratiques sur le long terme. C'est ainsi que l'illumination s'obtient. Rome n'a pas été construite en un jour.

Il est possible d'utiliser un minuteur pour la méditation mais n'en devenez pas trop dépendante. Il vaut mieux développer son horloge intérieure, en jetant de temps à autre, si nécessaire, un coup d'œil à sa montre ou à son horloge. Une fois acquise cette horloge intérieure, votre minuteur ne sera plus le seul moyen à votre disposition pour mesurer le temps et vous ne serez pas perdue si vous ne l'avez pas avec vous.

Les leçons montrent le chemin vers l'assise en siddhasana et non en lotus. Vous verrez pourquoi en continuant votre lecture. C'est une posture simple et puissante pour éveiller l'énergie extatique. Cultiver le silence intérieur et l'énergie extatique ainsi que leur union naturelle est la clé de la transformation spirituelle (l'union de « shiva et shakti » ou « du Père et du Saint-Esprit).

En ce qui concerne la pratique deux fois par jour je vous conseille de lire la leçon #148. Nombre de vos questions peuvent trouver leurs réponses dans le topic index du site internet ou en utilisant le moteur de recherche2.Si vous ne trouvez pas de réponses satisfaisantes je serai heureux de vous aider.

Les méthodes décrites dans ces leçons, intégrées ensemble en un système de pratiques, sont les plus simples et les plus puissantes que j'ai rencontrées en plus de trois décades sur le chemin. Oui, c'est quelque chose de très puissant. Gérez bien votre pratique, évitez les chemins de traverse (beaucoup vous tenteront) et vous pourrez aller très loin sur le long terme. Appréciez!

Q 3: Merci encore. Hier, à nouveau, j'ai ressenti les vagues me submerger de haut en bas, la meilleure description que je puisse en donner est celle d'un courant électrique. J'ai remarqué que chaque fois que cela se produisait ma respiration commençait à changer m'obligeant à faire des respirations plus profondes ce que j'ai immédiatement corrigé. J'ai rapidement découvert que je pouvais contrôler les vagues à volonté. Je ne suis pas sûre de devoir les autoriser ou les décourager?

J'ai aussi remarqué que ma tête se balançait gentiment d'avant en arrière pour ensuite à la fin se pencher d'un coté à l'autre en dessinant ce qui ressemblait à un 8. Après cette expérience j'ai fait une recherche sous « swaying » (balancement) et trouvé une intervention d'un de vos étudiants qui a également ressenti ce balancement mais avec tout son corps. J'ai lu que vous avez répondu de ne pas permettre à toutes ces sensations de nous distraire de notre but principal.

Pour la première fois aujourd'hui, j'ai fait ma méditation en lotus, le dos contre mon canapé. Ce n'était pas aussi confortable et un peu dérangeant de temps en temps mais je suis arrivée à ne pas laisser mon attention dériver sur cet inconfort et à me concentrer sur la méditation. Les vagues de courant électrique sont revenues mais cette fois elles étaient nettement plus subtiles. A nouveau quand la respiration s'est intensifiée je l'ai stoppée immédiatement, elle s'est calmée et elle est redevenue paisible.

J'ai renoncé au minuteur et je jette de nouveau des coups d'œil à l'horloge. J'étais sans doute un peu plus anxieuse de finir ma séance à cause de la façon dont j'étais assise. Quand j'ai eu terminé, la jambe en dessous était endormie. Je n'ai vu aucune instruction sur le moment où nous devrions aborder le lotus. J'ai lu la leçon #33. Je vais commencer quelques exercices pour assouplir mes articulations, exercices que j'ai appris à mon école de ballet il y a bien des années. J'ai pourtant trouvé que j'avais fait une bonne méditation même si elle n'était pas tout à fait aussi aisée que dans la position assise.

R 3: Avec seulement quelques jours de méditation vous avez les symptômes de ce que j'appelle le « yoga automatique ». Il va sans dire que, grâce à la pratique du yoga pendant des vies passées, vous été née déjà programmée. Nous sommes tous programmés pour cela du fait de notre système nerveux d'être humain. Certains ont plus de conductivité dans leurs neurones que d'autres en raison du travail qu'ils ont déjà fait directement sur leurs circuits. Vous êtes de ceux-là et maintenant vous reprenez là où vous vous étiez arrêtée. Nous avons tous le même voyage à faire et la même destination, la purification et l'ouverture de notre système nerveux pour une béatitude extatique sans fin et déborder d'amour divin.

Par yoga automatique, je veux dire des tendances physiques, mentales et émotionnelles surgissant de nulle part apparemment sans rapport avec la pratique que nous sommes en train de faire. Cela arrive car il y a une connexion du yoga à travers notre système nerveux. C'est expliqué plus en détail dans les leçons, en particulier dans la discussion sur les « huit membres du yoga » (#149).Pour l'heure, sachez simplement que votre désir naissant d'étudier, de pratiquer, d'en faire toujours plus, vient des quelques plongées que vous avez faites dans la pure conscience de félicité intérieure. Les jambes qui se plient, les symptômes respiratoires, et les mouvements de la tête viennent également de là. C'est étonnant, n'est-ce pas? Les leçons vous aiderons à diriger toutes ces tendances, pas à pas, vers une routine de pratiques sures et efficaces.

Quand des mouvements ou une respiration profonde s'installent dans la méditation, nous ne cherchons ni à les prolonger ni à les écarter de force. Nous revenons sans effort à la méditation, reprenant le mantra à n'importe quel niveau de raffinement ou nous l'avions laissé et le laissons continuer à se raffiner.

La respiration devient, en général, très tranquille pendant la méditation, à mesure que le métabolisme ralentit. Que la respiration devienne plus profond ou s'accélère peut être associé avec les énergies extatiques qui commencent à bouger. Ne vous en occupez pas, car cela détournerait votre attention du processus simple de la méditation. Quand vous commencerez la respiration spinale (une pratique séparée faite avant la méditation) vous aurez alors l'opportunité de cultiver les énergies extatiques d'une façon progressive et équilibrée. Privilégiez le mantra pendant la méditation sur tout ce qui pourrait se manifester d'autre. Il en est de même pour les mouvements de la tête et les autres symptômes, laissez les aller en favorisant la méditation. Beaucoup plus loin dans les leçons vous verrez que les mouvements de la tête feront également partie de la pratique sous la forme d'une méthode avancée appelée « pompe cervicale » (chin pump). C'est plus loin sur la route. Vous commencez juste. Prenez les choses l'une après l'autre. Favorisez gentiment la pratique que vous êtes en train de faire, peu importe ce qui peut venir. Si certaines de ces choses deviennent si fortes qu'elles semblent prendre le dessus sur votre méditation alors ne vous tracassez pas et laissez votre attention pendant quelques minutes abandonner le mantra pour accompagner les mouvements ou les sensations, sans pour autant les encourager. Cela aidera à stabiliser le courant énergétique. Ensuite, après quelques minutes vous pouvez revenir à la méditation.

Quant aux jambes croisées, les leçons n'enseignent pas le lotus (pieds sur les cuisses). A la place nous utilisons siddhasana, qui permet de travailler plus directement les énergies extatiques intérieures. Une fois familiarisée avec la respiration spinale, mulabhanda et sambhavi vous en viendrez à siddhasana. Vous faites bien d'assouplir les jambes maintenant. Néanmoins, il n'est pas indispensable de placer les pieds sur les cuisses, cherchez simplement une position confortables, jambes croisées, les orteils en-dessous comme indiqué dans la leçon #33. Nous édifions ainsi une fondation pour la suite, avec un minimum de distraction pour la méditation. Si c'est encore trop dérangeant dénouez les jambes. Essayez avec seulement une jambe pliée jusqu'à pouvoir plier les deux. Essayez jambes croisées seulement une fois sur deux. C'est un processus graduel d'ajustements qui peut prendre des semaines voire des mois. Pendant ce temps, restez aussi confortable que possible quand vous méditez. Avec le temps, l'assise jambes croisées sera complètement naturelle et vous ne la remarquerez même plus. Il en sera de même avec siddhasana sinon que siddhasana produira une fontaine d'extase sans fin. Mais, ceci est une autre histoire. Le rythme à suivre pour aborder de nouvelles pratiques est discuté tout au long des leçons. Il dépend avant tout de notre capacité d'assimilation. Pour cette raison aucune durée prédéterminée n'est proposée. Chacun est différent. L'essentiel est de ne pas aller au-delà de ses possibilités. Même dans cette hypothèse ce n'est pas la fin du monde dans le court terme pour autant que nous sachions revenir en arrière quand nous avons dépassé les possibilités d'assimilation de notre système nerveux. Il s'agit de toujours tester, aller de l'avant, reculer, apprenant petit à petit à connaître toutes les ficelles de ce véhicule spirituel merveilleux et apte à la transformation dans lequel nous vivons, le système nerveux humain.

Q 4: J'ai parcouru rapidement la leçon sur la pompe cervicale (#139), elle décrit quelque chose de très similaire à mon expérience.

Tout cela devient très excitant mais je vais le prendre pas après pas comme vous le suggérez, je n'ai donc pas tout lu en détail. De toutes façons, il y tant d'informations qu'il n'est guère possible de faire autrement. Hier, pour la première fois j'ai fait la méditation deux fois. J'avais simplement croisé mes jambes. (Je n'ai même pas essayé de faire le lotus et je suis soulagé d'apprendre que nous ne sommes pas censés le faire!) A nouveau, l'assise jambes croisées était très dérangeante mais une fois entrée dans la méditation c'est devenu plus facile.

Je me pose des questions sur la méditation « I AM ». Ces dernières semaines avant de trouver votre site internet je faisais des affirmations mentales durant la journée, « Je suis en harmonie avec le Christ ».J'ai même un enregistreur sous mon oreiller sur lequel je me suis enregistré répétant cette affirmation. Je l'ai fait car j'ai lu dans un des livres que j'ai l'habitude de lire, il s'agit du livre de Spalding « La vie des Maîtres »3 que je finis parfois par mélanger avec tout le reste, qu'un des Maîtres a déclaré qu'une des raisons pour la maladie, le stress, etc. était d'être séparé du Christ. Les Maîtres déclarent aussi que nous sommes Divins, que Dieu est en nous. J'ai grandi comme, je suppose, la plupart des gens en pensant à Dieu comme séparé de nous, là-haut, quelque part.

Parfois dans ma méditation, en pensant I AM, je pense à Dieu puis j'alterne en méditant sur les mots « I AM » sans penser à Dieu. Je suppose que je ne suis pas très au clair sur ce que je dois penser ou sentir quand je pense les mots « I AM ».

A un moment donné, la nuit dernière pendant quelques secondes durant ma seconde séance, il m'a semblé sortir de ma méditation sur les mots pour aller vers un cercle avec des couleurs, un cercle sans mots ni pensée. C'était comme une séparation complète du corps et de la pensée. Cela n'a duré que quelques secondes et ensuite j'étais de retour pensant I AM. C'est arrivé une ou deux fois très brièvement. J'aurais aimé l'explorer davantage mais cela ne s'est pas reproduit. J'ai eu l'impression d'être à l'extrême bord de quelque chose sans pouvoir vraiment y entrer. Ce matin, durant ma méditation, j'ai senti la même séparation mais cette fois au lieu d'aller dans un cercle, il m'a semblé tomber à la renverse et flotter dans cette séparation. A nouveau toute pensée d'I AM et de mon corps avait disparu. C'était si paisible. J'aurais voulu que cela dure plus longtemps mais ce fut seulement pour quelques secondes à plusieurs reprises. Pour la première fois depuis que j'ai commencé à méditer je n'étais pas pressée d'en finir. J'étais heureuse d'être là mais je suis allée de l'avant et j'ai terminé après vingt minutes en suivant votre conseil.

J'ai une question qui me perturbe même quand je médite.

Dois-je penser à Dieu quand je médite sur I AM ou bien dois-je méditer I AM sans penser à sa signification, à Dieu ou à ma nature divine? Dois-je essayer de méditer sans penser à Dieu?

J'aimerais examiner quelque chose de nouveau qui est arrivé la nuit dernière.

Hier et la nuit dernière j'ai observé que par moment ma respiration devenait si légère qu'une fois j'ai même pensé m'être arrêtée de respirer. La chose la plus nouvelle est que la nuit dernière mon plexus solaire s'est rentré à un point tel qu'il m'a semblé que ma cage thoracique ressortait alors que la partie au milieu sous le sternum se rentrait. En fait le plexus a été tiré vers l'arrière car j'ai senti le mouvement sous la poitrine. Ce n'était pas pénible mais intense. Je ne crois pas avoir retenu mon souffle et, ce matin, je n'arrive pas à me rappeler exactement ce que faisait ma respiration quand c'est arrivé. J'aurai du prendre des notes tout de suite après. Maintenant je me demande ce qui s'est passé et si vous en avez déjà entendu parler?

R 4: Le mantra est utilisé pour le son et non pour sa signification. Dans le topic index sous « mantra-language and meaning » vous trouverez le renvoi à plusieurs leçons sur ce sujet. Une autre façon d'épeler le mantra « I AM » est « AYAM ». La prononciation est identique. Cela n'enlève rien au sens et à la portée mystique de l'affirmation chrétienne « Je suis ». Simplement quand nous l'utilisons comme un mantra c'est la vibration qui compte et non sa signification en anglais. Pour moi aussi, mon environnement est chrétien.

Quand, pendant la méditation, des pensées nous viennent concernant le sens de « I AM », ou Dieu ou quoique ce soit d'autre nous les traitons comme toutes les autres pensées qui viennent et nous revenons sans effort au mantra. Il en est de même pour toutes les expériences pendant la méditation, peu importe qu'elles soient extatiques, profondes, pleines de révélations, étranges ou spectaculaires. Quand nous prenons conscience que nous sommes partis sur quelque chose, peu importe quoi, nous revenons sans effort au mantra. Telle est la procédure de la méditation.

Ah, vous avez remarqué que la respiration diminue jusqu'à presque s'arrêter. Comme mentionné déjà, c'est normal.
Le diaphragme rentrant et sortant est une autre manifestation de ces automatismes du yoga. Cela s'appelle « uddiyana » que vous trouverez dans le topic index sous « uddiyana/nauli »

Avancez un pas après l'autre et appréciez!

Q 5: Ainsi dans d'autres pays, dans d'autres langues, « I AM » est utilisé et non sa traduction?

J'ai jeté un coup d'œil à la leçon que vous signalez sur uddiyana. C'est tellement incroyable que mon corps fasse toutes ces choses de lui-même. Bien que je n'en ai pas parlé, ma langue s'est également mise à entourer et presser contre l'avant de la voûte du palais. Je ne savais pas que c'était quelque chose à faire consciemment. Je devine qu'à partir de maintenant, tout ce que mon corps essaye de faire, je peux considérer en toute sécurité qu'il en sait plus que moi.

J'essaye d'avancer pas après pas. Mon corps se précipitant dans toutes ces directions de son propre chef, est-ce que je courre le risque ne pas progresser de façon juste puisque je semble faire les choses en désordre? Quand j'ai commencé, je pensais faire seulement la méditation. Ces choses se produisent d'elles-mêmes. D'autres choses encore me sont arrivées que j'apprendrai sans doute plus tard être du yoga automatique.

R 5: Oui, du fait que nous utilisons le son de I AM (AYAM) et non sa signification, sa traduction dans d'autres langues n'est pas conseillée. Le son a une résonnance vibratoire universelle dans le système nerveux de l'être humain. Pour cette raison, je le considère comme un mantra universel.

Ah, la langue est partie vers le haut? Il s'agit de kechari, une mudra très importante dont nous avons beaucoup parlé dans les dernières leçons. Vous pouvez les trouver avec le topic index.

Avec tout ce qui vous arrive, je comprends que vous vous demandiez comment gérer tout cela pour progresser.Je vous suggère de ne même pas essayer. Faites simplement vos pratiques en suivant le plan que vous vous êtes fixé, prenant les nouvelles graduellement à travers les mois et les années à venir, avec comme priorité d'établir une pratique stable à chaque étape du chemin. Quel que soit le yoga automatique qui se manifeste, regardez le avec sérénité et tenez vous en à votre pratique journalière structurée sur le long terme. Si vous pratiquez ainsi tout trouvera naturellement sa place au bon moment.

Etant donné votre situation qui évolue rapidement, les choses les plus importantes que je vous recommande de garder à l'esprit sont la patience et une bonne gestion des pratiques. Si vous essayez d'accueillir en même temps tout ce qui se présente, cela sera très difficile. Vous avez de nombreux dons pour le yoga qui jaillissent en même temps. Entretenez votre jardin avec soin, jour après jour et vous irez loin.

Rappelez-vous toujours que la pratique la plus importante est la méditation profonde. Elle pose la fondation de notre silence intérieur sous tout le tohu-bohu extérieur. Sans elle nous serons fouettés par le vent, sans centre, quelle que soit l'importance des manifestations de yoga automatique que nous ayons. Le silence intérieur (la conscience de pure béatitude) est la clé de tous les progrès en yoga.

Ainsi qu'il est dit dans les psaumes: « Arrêtez et sachez que je suis Dieu »4

Q 6: Merci pour votre réponse à mes nombreuses questions. J'étais un peu préoccupée par la façon de gérer tout cela, maintenant je suis tranquillisée par votre réponse. Je vais continuer avec méthode comme si rien n'était arrivé.

Hier, j'ai fait la méditation (avec la respiration spinale) une seule fois au lieu de deux. Depuis plusieurs jours j'ai des difficultés à mettre mon esprit/mon énergie sur les tâches plus terre à terre que demande mon travail. Je n'avais plus aucune motivation à faire mon travail et j'ai pensé que cela pouvait résulter de la méditation. Je me rappelle que vous avez déclaré qu'il était recommandé de se reposer après la méditation ce que je n'ai jamais réellement fait, au-delà d'une ou deux minutes maximum, c'est peut-être ce dont j'ai besoin.

Hier, j'ai décidé de sauter la séance du matin et de faire seulement celle du soir. J'ai regardé dans vos Q&R pour savoir si l'on est censé faire la méditation chaque jour, sept jours sur sept, ou s'il est préférable de sauter occasionnellement un jour ou l'une des deux séances une fois de temps en temps au moins au début. La réponse est peut-être là dans les leçons mais je n'ai rien trouvé sur ce sujet.

Autre chose que j'aimerai vous demander: après ma seconde ou troisième méditation j'ai écrit que je pouvais contrôler à volonté les vagues d'énergie qui pulsaient à travers mon corps. Cela a démarré sans effort conscient de ma part mais ensuite j'ai découvert qu'avec un petit effort je pouvais le provoquer moi-même. Dernièrement, ces derniers jours, je l'ai expérimenté également dans ma routine journalière de méditation. Par moment, le jour ou la nuit, je sens le besoin de pousser à volonté ce courant d'énergie à travers mon corps. Cela peut arriver en secouant mon mélange de protéines ou en travaillant à mon ordinateur ou en regardant les informations. Cela devient en quelque sorte une addiction.. Cela arrive environ une fois par heure. Si je ne le fais pas de mon propre chef cela vient spontanément. Il ne me semble pas que ce soit une mauvaise chose. C'est plutôt agréable et me procure une sensation inexplicable de puissance. S'agit-il d'une amélioration de mes capacités spirituelles ou simplement d'un aspect du processus de purification?

R 6: Oui, c'est la meilleure approche, prendre les choses comme elles viennent, à chaque jour suffit sa peine. C'est ce qu'il y a de mieux à faire chaque fois que de grands changements surviennent dans notre vie, le système s'ouvre pour devenir pure conscience de félicité englobant l'univers tout entier!

Oui, les expériences font partie de la purification et changeront, en fait elles s'élargiront, il y a tellement plus à venir. Et oui, cela peut devenir une addiction. C'est dans la toute première leçon, mon addiction au yoga et aux expériences qu'il amène. Pour emprunter un mot au programme en douze étapes pour les dépendances peut être sommes nous tous des yogis et des yoginis sur le chemin du retour. Retrouvant notre bien perdu depuis si longtemps. Il ne s'agit pas de l'expérience extatique du moment. Il s'agit de quelque chose infiniment plus grand que le plus grand plaisir extatique que nous pouvons avoir aujourd'hui. Appréciez vos expériences, et intégrez les dans votre vie quotidienne. La meilleure façon de le faire est de partager votre béatitude avec les autres en toute simplicité. Vivre tout simplement pour le bénéfice des autres est la meilleure façon que je connaisse d'empêcher l'expérience extatique de nous monter à la tête. C'est en partie pour cela que j'ai écrit ces leçons. A quoi bon éveiller l'illumination si ce n'est pour la partager? Cela n'apporterait rien de bon. Si ce n'est de la complaisance envers soi-même. La vérité est que l'illumination ne peut être totale si elle n'est pas partagée en servant les autres, la nature même de l'illumination est de tout englober.

Ce n'est pas notre faute si la félicité extatique est la nature véritable de la vie. Le système nerveux humain est une machine extatique. Devrions-nous courir pour y échapper? Je ne le pense pas. A mesure que nous avançons dans notre état naturel d'extase, nous pouvons le faire avec responsabilité. C'est de cette façon que nous pouvons faire le voyage. La félicité extatique doit se déverser sur le monde pour s'accomplir, et c'est bien ce que nous devons faire. En faire moins serait une forme d'hédonisme spirituel. Nous pouvons le faire un certain temps, nous complaire dans notre expérience extatique. C'est bien. Tôt ou tard nous irons dans le monde avec notre félicité extatique. C'est inévitable. Le long de notre chemin yogique, à travers notre expérience directe, nous découvrirons un des plus grands de tous les mystères, le rôle de la sexualité dans la transformation spirituelle humaine.

Pour les pratiques journalières, il est tellement important de créer et garder l'habitude qu'il vaut mieux s'en tenir à deux séances par jour. Cela a été expliqué il n'y a pas si longtemps dans une leçon (#209) appelée « Inscrire les pratiques journalières dans un emploi du temps chargé ». Je sais que le manque de temps n'est pas la raison pour laquelle vous avez essayé de revenir à une seule séance, mais cette leçon explique pourquoi il est si important de garder l'habitude de deux séances par jour. Voyez également la leçon #148, « Pourquoi pratiquer deux fois par jour? ».

Si vous avez l'impression d'être trop excitée par vos pratiques, il faut raccourcir la durée des pratiques assises. Si vous faites 5 minutes de respiration spinale et 20 minutes de méditation, et que trop de choses se passent, plutôt que de ne faire qu'une seule séance par jour, essayez de revenir à une respiration de quelques minutes et à 15 minutes de méditation, deux fois par jour. Si c'est encore trop, essayez de méditer seulement dix minutes. Vous pourrez toujours augmenter plus tard à mesure que votre système nerveux s'ajustera aux énergies. C'est le très important concept de régulation de la pratique (self-pacing) discuté de façon détaillée dans les leçons. La clé est de trouver une routine stable et équilibrée deux fois par jour. De cette façon, avec ce cycle deux fois par jour, nous pouvons cultiver le silence intérieur et les énergies extatiques dans notre système nerveux et les stabiliser dans la vie active. C'est bien plus efficace qu'une session plus longue une fois par jour. Bien sûr, il y aura des moments ou nous serons trop pressés par le temps ou trop épuisés pour pouvoir faire grand-chose quand l'heure de la pratique a sonné. Dans ce cas nous gardons notre habitude en nous asseyant quelques minutes les yeux fermés. Vous voyez comment cela fonctionne? Il faut conserver l'habitude deux fois par jour. Comme dit le dicton: « ce qui n'est pas utilisé est perdu ». A l'intérieur de cet engagement pour une pratique deux fois par jour, nous pouvons, si nécessaire, être souples en ce qui concerne la durée et les pratiques.

Q 7: Hier, j'ai eu une séance, eh bien, tout ce que je peux en dire, c'est WOW!
J'avais eu deux jours de méditation plus paisible avec le balancement en cercle automatique habituel de la tête mais l'expérience était plus tranquille et plus modérée sans les courants d'énergies involontaires et sans de nouvelles expériences de yoga automatique.

Hier, j'ai donc décidé d'aller de l'avant et d'intégrer dans ma séance les leçons #41, #54, et #55 (sur la respiration spinale, la kundalini et sur mulabhanda). L'expérience a été la plus puissante de toutes celles que j'ai pu avoir jusqu'à maintenant plus nombre de choses nouvelles que, je crois, vous appelez « yoga automatique ».

R 7: En ajoutant de nouvelles pratiques, faites attention que les effets ne sont pas immédiats et qu'il peut y avoir une réaction dont les effets ne se feront sentir que plus tard. En fait nous ne savons pas ce que peut faire une nouvelle pratique avant au moins plusieurs semaines. Si vous empilez deux ou trois pratiques nouvelles en même temps et que le processus devienne incontrôlable, il peut être difficile de déterminer qui fait quoi, il devient, alors, problématique de gérer sa pratique. Que faut-il réduire dans sa pratique quand l'énergie part dans tout les sens? Dépasser un tant soi peu ses limites n'est pas la fin du monde aussi longtemps que vous savez comment revenir en arrière quand c'est nécessaire pour un voyage plus facile. Vous y arriverez.

Rappelez-vous que vous avez entre les mains une Ferrari spirituelle, une vraiment très rapide, et que vous devez apprendre à la conduire sans sortir de la route. C'est vous qui êtes assise sur le siège du conducteur.

Je vous souhaite le meilleur pour votre voyage. Vrrrooom!

Le gourou est en vous


N.d.T.:
  • 1. Exode 3-14: I Am that I Am: Je suis celui qui suis (en anglais, il est usuel de résumer cette affirmation par I AM) également, Apocalypse de Jean 1-8: Je suis l'alpha et l'oméga, celui qui est, qui était et qui vient
  • 2. En ce qui concerne l'utilisation du topic index se reporter à la note au bas de la leçon #224
    En ce qui concerne l'utilisation du moteur de recherche Site Search
    http://www.aypsite.org/SiteSearch.html
    il faut poser la question en anglais, ensuite, une fois obtenue les leçons concernées, il devient possible de se reporter aux traductions en français.
  • 3. « La Vie des Maitres » de Baird Thomas Spalding, traduit par Louis Colombelle a été éditée à l'origine chez Dervy-Livres en 1946. Il a été réédité par Robert Laffont et dernièrement en livre de poche dans la collection l'aventure secrète chez J'ai lu.
  • 4. Psaume 46 verset 10

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