Leçon 157 - Q&R - Qu'est-ce que le silence intérieur?
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De: Yogani
Date: Mercredi 7 avril 2004

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Q: Le silence intérieur a été mentionné de nombreuses fois dans ces leçons, et les mots semblent simples, mais j'aimerais bien que l'on clarifie ce dont on parle. Je crois que c'est Krishnamurti qui parlait de sauter dans l'espace entre les pensées. Est-ce la signification du silence intérieur dans le contexte de ces leçons, cet espace sans contenu auditif que je peux agrandir pendant un moment avant que le mental ne se mette à bouillonner à nouveau?

J'ai aussi remarqué que, pendant la pratique du samyama, je me mettais fréquemment à avoir des images mentales très vives. Pas de bruit qui perturbe le silence, mais des images claires de la même qualité que dans les rêves. Je soupçonne que cela veuille dire que je m'endors pendant la sadhana, mais en cela se trouve une autre question. Est- ce que la méditation et le samyama sont accomplis à la lisière de la relaxation profonde et du sommeil? Ou bien, est-ce que le mental s'est détourné du chemin du sommeil pour prendre une direction différente?

R: Le silence intérieur est au cœur du yoga. Sans lui, il ne peut y avoir de yoga. Dans la deuxième leçon, nous avons vu comment le yoga est l'union du sujet (l'observateur) et de l'objet (l'observé). L'objet n'est pas si difficile à trouver. C'est tout ce que nous percevons dans notre cœur, dans notre mental et à l'extérieur de nous au moyen de nos sens. L'objet est partout. Le sujet également. Mais le sujet n'est pas toujours aussi évident. Le sujet est le silence intérieur dont nous avons si souvent parlé ici.

Qu'est-ce que le silence intérieur? Il a de nombreux noms dans les traditions: sat-chit-ananda, le Soi, le témoin, la conscience inconditionnée, le vide, Dieu le père, Shiva, samadhi, le Tao et ainsi de suite... Dans les leçons nous l'appelons souvent la conscience de pure félicité. Tant de noms pour quelque chose qui au bout du compte se résume à « rien ». Mais ce rien est vivant. Il est conscient. Il est partout. Et il est en quelque sorte béatifique en lui-même. C'est le « Je » en vous et moi qui demeure constant. C'est le « Je » universel qui s'exprime sous la forme de tout ce que nous voyons, et reste pourtant essentiellement caché à l'intérieur de nous, sauf pour ceux qui ont cultivé la conscience du Soi par le yoga. Le succès dans cette culture du Soi amène un état de liberté par rapport aux hauts et aux bas de ce monde, même quand nous continuons à être impliqué dans nos activités quotidiennes.

Le yoga a pour objet de révéler notre « Je », d'en faire l'expérience dans son état inconditionné d'origine. Le yoga a pour objet de répondre à la question « Qui suis-je? » et de le devenir consciemment. Notre système nerveux a la capacité de nous donner cette expérience, et davantage. C'est pourquoi le système nerveux de l'homme est appelé « le temple de Dieu ».

Avec l'expérience directe au moyen des pratiques, nous pouvons passer de la philosophie/théorie du silence intérieur à sa réalité. Le saut qui fait passer de la théorie à la réalité se trouve dans les façons dont notre système nerveux manifeste différentes formes de conscience. Le système nerveux fonctionne selon des modes que nous pouvons identifier comme des états de conscience différents. Nous connaissons bien trois états de conscience:

  1. L'état de veille, dont nous faisons l'expérience dans notre activité de tous les jours.
  2. L'état de rêve, que nous expérimentons parfois dans le sommeil.
  3. L'état de sommeil profond, sans rêve, que nous n'expérimentons pas vraiment bien que nous soyons forcément quelque part.

Le silence intérieur est un état bien distinct, bien différent de ces trois états. Nous le connaissons dans notre méditation profonde sous forme de conscience de félicité sans objet. Il peut aussi être mélangé à des objets, comme des pensées, des sentiments ou quoi que ce soit d'autre. Mais dans son état parfait, il est sans objet. Donc en yoga il porte son propre numéro en tant qu'état de conscience unique:

  1. Le silence intérieur. Il correspond à tous ces mots et à toutes ces définitions déjà donnés. En yoga on l'appelle parfois tout simplement « Turiya », ce qui veut dire « le quatrième état » en sanscrit.

La différence entre le silence intérieur et les trois autres états de conscience, c'est que le silence intérieur ne change pas et peut être cultivé dans le système nerveux en tant que présence sans fin qui se superpose à, sous, dans et à travers les trois autres états. Ceux qui ont pratiqué la méditation pendant un certain temps savent qu'il en est ainsi. Cela commence sous la forme d'une certaine paix intérieure et une conscience d'une qualité de silence qui coexiste avec et à l'intérieur des objets que nous percevons. Ceci se produit avec les observations extérieures à travers les sens, et avec nos pensées et nos sentiments également. Nous les voyons comme les objets qu'ils sont, se produisant extérieurement à notre conscience silencieuse intérieure et inconditionnée. Avec les pratiques de yoga quotidiennes, le silence croît et devient l'écran de cinéma sur lequel toutes nos expériences sont projetées. Nous devenons l'écran de cinéma, l'écran infini du cinéma de la vie.

Ce silence intérieur est-il « l'espace entre les mots du mental» (les pensées)? Oui. C'est l'espace dont nous faisons parfois l'expérience lorsque nous passons d'une pensée à une autre et d'un état de conscience à un autre. Lorsque la musique s'arrête un instant, nous restons avec notre silence intérieur, notre Soi. Le yogi et la yogini expérimentent le silence intérieur derrière et à l'intérieur des pensées, et dans tout ce qui est vie. Lorsque, pendant le samyama, nous laissons aller le sutra dans le silence intérieur, il peut ne pas y avoir d'activité mentale, ou bien il peut y en avoir. Si nous laissons aller, notre attention sera dans le silence intérieur, à condition que nous l'ayons cultivé, au préalable, dans la méditation profonde. Le samyama et l'illumination (premier niveau et au-delà) dépendent du silence intérieur inné qui sera présent que le mental soit en train de « marmonner » ou non. Il apparaît aussi pendant l'état de rêve et le sommeil profond, c'est-à-dire vingt quatre heures sur vingt quatre de silence intérieur. Lorsque cela commence à se manifester, nous devenons prêts pour un yoga important, l'union du sujet et de l'objet, l'union des pôles divins en nous qui conduit à l'état d'unité dans lequel tout est expérimenté comme le flot divin du Un.

Dans ces leçons, nous commençons par la méditation afin de cultiver le silence intérieur d'abord, car c'est le prérequis pour tout le reste en yoga. Une fois qu'il commence à apparaître, il est possible d'ouvrir de nombreuses portes. Quand Shiva (le silence intérieur) est là, alors l'éveil et l'accueil de l'union extatique avec la Kundalini/Shakti devient possible, c'est une expérience joyeuse et non pas une expérience traumatique. C'est l'étape suivante naturelle. Donc, une fois, la méditation établie, c'est ce que nous faisons ici

dans ces leçons, éveiller la kundalini et nous atteler à la tâche d'unir le sujet et l'objet. C'est le yoga.

En ce qui concerne le fait de s'endormir dans le samyama, dans la méditation, etc., d'après ce que nous avons dit ci-dessus vous pouvez voir que ce n'est pas tout à fait la même chose que de passer d'un état (le silence intérieur) à un autre état (comme le sommeil). Dans les pratiques, ce n'est pas soit l'un, soit l'autre. Nous pouvons être dans les deux en même temps, ce qui est souvent le cas, en particulier, dans la méditation. C'est pourquoi dans la méditation nous comptons le temps où nous sommes « perdus » dans nos pensées ou l'absence de pensées comme du temps de pratique. La purification dans le système nerveux a lieu dans ces conditions. Si nous décrochons pendant la pratique de samyama, nous reprenons les sutras sans effort là où nous en étions. Dans ce cas, nous sommes passés du sutra à quelque mélange du silence intérieur et de la saveur subtile du sutra. Quand nous réalisons ce qui est arrivé, nous reprenons sans effort là où nous en étions. Le temps mis pour accomplir samyama peut se trouver rallongé un peu si nous perdons le fil de cette façon là. Si, dans une séance de samyama, quelque chose ressemblant au sommeil nous domine irrésistiblement, nous pouvons considérer que la pratique est faite et nous allonger pour nous reposer. C'est un bon samyama aussi. Cela peut se produire si beaucoup d'obstructions sont relâchées. Le silence intérieur est cultivé à travers tout le processus, donc, à nouveau, ce n'est pas un état de conscience ou l'autre. C'est la montée du silence intérieur avec tout ce qui peut se produire d'autre.

Gardez à l'esprit que tout ce dont nous parlons n'est pas pour l'esprit curieux, l'intellect. Seule la théorie est en rapport avec l'intellect. Les pratiques n'ont pas pour but de promouvoir la théorie. La pratique quotidienne des pratiques avancées de yoga a pour but de purifier et d'ouvrir notre système nerveux sur un plan neurologique et biologique, une expansion phénoménale du fonctionnement de notre système nerveux. Les expériences de félicité extatique qui se manifestent sont très réelles, tout à fait aussi réelles que la relation amoureuse la plus intime, et tout cela se passe à l'intérieur. Cultiver le silence intérieur a des implications d'une portée considérable dans notre vie.

Le gourou est en vous.

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