Leçon 144 - Q&R - La pompe cervicale, version allégée (sans kumbhaka)
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De: Yogani
Date: Mercredi 17 mars 2004

Aux nouveaux membres: il vous est recommandé de commencer les leçons au début, les leçons précédentes étant nécessaires à la compréhension de celle-ci. La première leçon s'intitule « le but de ces leçons » et porte le numéro 10.

Q: J'ai du mal à retenir mon souffle et faire kumbhaka me donne une impression de claustrophobie. Je ne sais pas, peut- être que je suis mort étouffé dans une mine de charbon dans ma vie précédente ou quelque chose comme ça. Puis-je faire la pompe cervicale sans retenir mon souffle? Yoni mudra aussi? La respiration de la colonne vertébrale ne me pose pas de problème tant que je ne vais pas trop lentement.

R: Oui, avec la pompe cervicale c'est possible. Si kumbhaka est difficile pour vous, même de la manière aisée qui a été donnée, alors ne le faites pas.

Récemment, cette question est revenue plusieurs fois sous différents angles et il est temps d'y répondre. Parfois kumbhaka n'est pas seulement inconfortable, mais il peut aussi stimuler la kundalini à l'excès. Dans un cas comme dans l'autre, la consigne est d'arrêter et de revenir à une plateforme de pratiques où nous pouvons être stables, jusqu'à ce que nous puissions, à nouveau, aller de l'avant.

Si notre pratique de la respiration de la colonne vertébrale, avec les bandhas, les mudras et siddhasana pendant la respiration, est confortable alors nous pouvons faire la pompe cervicale facilement dans les quelques dernières minutes de notre séance de respiration de la colonne vertébrale. Si nous faisons la respiration dans la colonne vertébrale pendant, disons, dix minutes, alors les trois ou cinq dernières minutes nous pouvons pratiquer la pompe cervicale avec la respiration de la colonne vertébrale. C'est la même procédure que lorsque nous la faisons avec le kumbhaka, sauf que nous ne retenons pas notre respiration. Le sens de rotation de la tête change au même point dans le cycle respiratoire que lorsque l'on fait le kumbhaka, après l'inspiration, lorsque nous sommes poumons pleins. On pourrait appeler cette approche sans le kumbhaka « la pompe cervicale allégée ».

C'est le bon moment pour rappeler que la respiration de la colonne vertébrale, et toutes les méthodes de pranayama, sont des formes de kumbhaka dans le sens ou la « restriction du souffle » (ce que signifie le mot pranayama) constitue un défi à l'approvisionnement du corps en oxygène. C'est ce qui tire le prana vers le haut et le fait monter dans le système nerveux depuis son énorme réservoir qui se trouve dans la région du bassin. Donc, que nous fassions la respiration de la colonne vertébrale ou kumbhaka, nous exerçons une restriction du souffle. C'est juste une question de degré. Plus la restriction est forte, plus la kundalini s'élève. C'est pourquoi il est possible de faire la pompe cervicale avec la respiration de la colonne vertébrale. Les effets seront positifs, mais le prana ne circulera pas autant que quand on fait kumbhaka. Mais c'est très bien. Nous faisons bouger ce que nous pouvons faire bouger sans causer de courants excessifs. Quel que soit le niveau auquel nous agissons, nous purifierons de toute façon davantage notre système nerveux. Tout l'enjeu est là, maintenir un progrès continu sans tomber dans un excès d'énergie perturbateur qui nous forcerait à arrêter notre pratique.

Bien entendu, la pratique quotidienne de méditation profonde globale est très importante dans ce processus de purification. Avec le silence de la conscience de pure félicité, la purification se fait en douceur, en dessous de tout ce qui se passe dans le système nerveux, et cela aide toutes les autres pratiques à fonctionner de manière plus douce et plus rapide.

Dans les futures leçons, nous aborderons une autre forme de pranayama qui s'appelle bastrika. Avec elle, d'une part, nous saturerons le corps d'oxygène et, d'autre part, nous poserons un défi à l'approvisionnement en oxygène du corps, les deux en même temps, avec des effets de purification très puissants.

Comme toujours, nous veillons à réguler notre progression, y compris en ce qui concerne la respiration de la colonne vertébrale et kumbhaka. Si nous trouvons que la pompe cervicale produit un excès de kundalini, nous revenons en arrière pour trouver un niveau de pratique confortable.

En ce qui concerne yoni mudra, c'est une autre histoire. Kumbhaka est fondamental dans yoni mudra parce que nous utilisons une légère pression de l'air qui vient des poumons pour nettoyer les sinus et stimuler le troisième œil. Sans le kumbhaka, yoni mudra se réduit à pousser les yeux vers le point entre les sourcils avec les doigts. C'est très bien, mais il est probablement mieux de laisser tomber yoni mudra si le kumbhaka n'est pas confortable et de s'en tenir à une bonne session de respirations dans la colonne vertébrale avec la pompe cervicale à la fin. Si notre sambhavi pendant la respiration de la colonne vertébrale est bien fait, c'est tout aussi bien que de pousser avec les doigts. Si le kumbhaka ne peut être fait, oubliez, donc, tout simplement yoni mudra et faites les autres pratiques comme nous l'avons vu.

Il y a un petit avantage au niveau du temps à faire la pompe cervicale allégée. C'est-à-dire de faire la pompe cervicale sur le temps de la respiration de la colonne vertébrale. Pour les gens très occupés cela peut être intéressant. Si on peut faire le pranayama (avec la pompe cervicale allégée) et la méditation en une demie heure au lieu de 35 ou 40 minutes quand on la fait avec le kumbhaka, cela permet de maintenir notre pratique le jour où notre emploi du temps est bien rempli. Raccourcir les pratiques n'est pas ce que nous recommandons, mais comme nous l'avons dit dans des leçons précédentes, une pratique brève vaut mieux que pas de pratique du tout. Donc, lorsque nous manquons de temps, nous trouvons des moyens pour optimiser notre pratique en fonction des priorités. Il se trouve que la pompe cervicale allégée, lorsqu'elle est faite pendant la respiration de la colonne vertébrale, va dans cette direction.

Il est évident que, quand nous progressons et devenons stables dans notre pratique, quel que soit le niveau où elle se situe, nous recherchons la prochaine ouverture pour aller de l'avant. La purification et la croissance de la présence divine intérieure ont toujours lieu à tous les niveaux de pratique.

Avec le temps, avec la purification de votre système nerveux et la dissolution des vieux karmas, à l'intérieur de vous-même, vous aurez moins de difficulté à tenir le souffle. En fait, vous trouverez que la respiration tend à se suspendre d'elle-même et de plus en plus pendant la pratique sans effort du pranayama et de la méditation, sans intention particulière allant dans ce sens et sans effort du tout. C'est comme si, parfois, nous étions nourris entièrement par le prana remontant en nous depuis l'intérieur. Alors, le kumbhaka n'est plus un problème. Il se produit simplement, parfois pendant des périodes étonnamment

longues. A ce stade, ce n'est plus une restriction du souffle. C'est une suspension naturelle de la respiration. Alors nous pouvons respirer l'air de l'extérieur, ou bien respirer le prana de l'intérieur. Que ce soit l'un ou l'autre, c'est très bien. Pas d'agitation, pas de tension.

La lumière divine s'élève et s'écoule en nous, et nous nous abandonnons dans les bras pleins d'amour de Dieu.

Le gourou est en vous.

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